La question se pose très sérieusement après la publication de plusieurs rapports assez inquiétants sur le sujet. Les adolescents britanniques semblent préoccuper le gouvernement au point qu’il fait preuve d’une imagination parfois surprenante pour essayer de régler le problème. Le premier de ces rapports a été rédigé par le très sérieux « Institute for public policy research ». Il soutient que les jeunes britanniques sont les plus durs d’Europe : alcoolisme, grossesse non désirées, échec scolaire, incivilités. Et selon Adam Marshall, chercheur à l’IPPR, ce serait en partie dû au fait qu’ici, les jeunes ne sont pas assez accompagnés par les adultes (interview). Le résultat - c’est une autre étude qui l’établit - c’est que les adultes ont plus peur des jeunes que dans d’autres pays d’Europe. Cela peut paraître caricatural, mais ce sentiment est bien réel nous dit Gaëlle Graham, responsable régional de l’Union nationale des enseignants de Grande-Bretagne (interview). Face à cela, quelle réponse apporte-t-on ? Il y a d’abord ce que Tony Blair a mis en place pour faire face aux incivilités au nom de la tolérance zéro : c’est ce qu’on appelle les ASBO (anti social behavior orders). Si vous avez envoyé un œuf sur la fenêtre de votre voisin, si vous participez à des rassemblements gênants ; même sans commettre de véritable infraction, si vous êtes identifié comme « sauvageons », on vous inflige une mini sanction pénale qui peut être une interdiction d’aller à certains endroits ou de sortir après 6 heures le soir. Le problème, c’est que le Policy Research Bureau de Londres a établi qu’un ASBO peut au contraire inciter le jeune à devenir délinquant en l’enfermant dans une étiquette de pré délinquant. David Utting est le directeur de l’institut (interview). Mais on n’agit pas que sur les jeunes. On s’occupe aussi des parents ! Et la dernière idée en vogue, c’est de proposer aux familles en difficultés l’assistance de super nounous, selon le principe d’une émission célèbre ici : « Super nanny ». Une super nanny débarque chez vous et vous explique comment bien éduquer vos enfants. Dans la réalité ce sera différent, mais l’idée c’est ça, explique Meg Mum, député travailliste (interview). Efficace ou pas, en tout cas, les Britanniques pensent à 53% que c’est en effet par les parents qu’on avancera. Un dossier de Jacques Monin, en direct de Londres en Grande-Bretagne.

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