Extrait d'une vidéo d'Amedy Coulibaly diffusée sur Internet après les attentats contre Charlie Hebdo.
Extrait d'une vidéo d'Amedy Coulibaly diffusée sur Internet après les attentats contre Charlie Hebdo. © Radio France

Depuis quelques jours, des voix s’élèvent pour comparer le processus de radicalisation à une dérive sectaire. L'ADFI, l’association de défense de la famille et de l’individu, reçoit justement de plus en plus de familles dont les enfants se radicalisent.

Parce que le processus sectaire et celui qui conduit à la radicalisation sont similaires. Pour Catherine Picard, la présidente des ADFI, il se traduit par une reconstruction qui arrive après une phase de séduction.

Si l’on accepte que la radicalisation relève d’un processus sectaire, se pose donc la question du rôle que va pouvoir jouer la Miviludes, la mission interministérielle qui observe et lutte contre les sectes. Pour Georges Fenech, ex-magistrat et député UMP qui l’a présidé pendant quatre ans, une réorientation de ses missions est indispensable.

Que faire concrètement ?

Déjà, généraliser les expériences que l’on connait. On a déjà évoqué ici le numéro vert ou le centre de prévention créé par Donia Bouzar qui accompagne les familles. Mais ce qu’on ne sait pas, c’est que depuis quelque temps, le psychiatre, Serge Hefez, travaille aussi avec ce centre.

Un processus de radicalisation peut cacher un conflit familial plus classique. Serge Hefez travaille donc avec ces familles dans son cabinet ou avec des groupes de paroles, un peu comme on le fait pour les alcooliques.Ça, c'est dans le cas de jeunes qui acceptent d’être suivis. Pour les autres, des pistes différentes sont évoquées dans un rapport rendu fin décembre par Pierre Conesa, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense. Il considère qu’il faut arrêter de ne voir que les figures soi-disant représentatives du CFCM, pour s’appuyer sur une partie de la communauté musulmane que l’on n’entend jamais. Autre proposition très concrète : sortir le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, pour que les élites musulmanes ne soient pas perçues comme des auxiliaires de police.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.