À Kourou, le chantier du pas de tir d'Ariane 6 est à son pic d'activité. Destiné à remplacer l'actuelle fusée Ariane 5, le futur lanceur sera fabriqué en série pour coûter deux fois moins cher. Une exigence si l'Europe spatiale veut rester compétitive face à la concurrence.

Le chantier du pas de tir d'Ariane 6 à Kourou
Le chantier du pas de tir d'Ariane 6 à Kourou © AFP / Alain JOCARD

Depuis décembre, le chantier tourne à plein régime. 800 ouvriers achèvent la construction des infrastructures,  en béton ou métal.   

À la différence d'Ariane 5, Ariane 6, une fois arrivée sur la base de Kourou ne se déplacera pas. C'est le bâtiment dédié à sa préparation qui devient mobile. Cette structure métallique de 100 m de haut a le poids de la tour Eiffel. Frédéric  

L'objectif c'est d'arriver à une facture divisée par deux

Rationaliser, simplifier. Cela vaut aussi pour l'assemblage. Pour la future Ariane 6, la méthode choisie est celle utilisée par les russes depuis un demi siècle : le montage de la fusée à l'horizontale. Elle est ensuite redressée pour le décollage. Auparavant, les étages étaient superposés à la verticale. Pour le client, le satellite, cela permettra d'arriver deux jours avant le tir et non trois semaines comme aujourd'hui.

Ariane 5 sur son pas de tir à Kourou
Ariane 5 sur son pas de tir à Kourou © AFP / jody amiet

Changement de décor mais pas d'ambiance. Ici, aux Mureaux près de Paris, on construit l'usine de fabrication du premier étage d'Ariane 6. Un étage fabriqué en série. 

Pour obtenir des coûts divisés par deux, chaque détail compte: les nouvelles technologies comme le soudage par friction malaxage, moins gourmand en énergie, l'impression 3D de pièce ou l'utilisation de robot...  

S'il faut à ce point tirer les coûts vers le bas, c'est parce que la concurrence mondiale est féroce. Il y a d'abord Space X, l'entreprise d'Elon Musk.  Sa fusée Falcon 9 outre qu'elle est en partie réutilisable, là encore pour diminuer les coûts, s'est arrogée une partie des lancements de la NASA. Des contrats payés rubis sur l'ongle qui permettent selon les européens de facturer très bas les lancements commerciaux. Pour le PDG d'arianespace, Stéphane Israël, pour rester dans la course, Ariane doit aussi avoir  un minimum de commandes garanties par les états ou les agences institutionnelles.

Ariane, est aujourd'hui encore leader mondial sur le marché de satellites commerciaux. Sur 10 lancements effectués, 7 le sont pour des clients privés. Lesquels clients, en pleine guerre des prix, voit l'offre s'élargir. Aujourd'hui Space X, demain Blue Origin de Jeff Bezos, sans parler des chinois ou des Indiens. 

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