C'est ce que réclament les partisans britanniques de la sortie de l'Union européenne à sept jours du référendum sur le sujet. Franck Mathevon a enquêté à Boston, au centre du pays.

La Grande-Bretagne, dans l'Europe ou non ?
La Grande-Bretagne, dans l'Europe ou non ? © Maxppp / Sascha Steinach

Ces derniers jours, le camp du Brexit a gagné du terrain. Il est en avance dans la plupart des sondages.  Une avance qui s’explique en partie par le recentrage de la campagne sur l’immigration… Les pro-Brexit veulent quitter l’UE pour pouvoir mieux contrôler les frontières. Illustration à Boston, dans le centre de l’Angleterre…

Dans cette petite ville des Midlands de 60.000 habitants, on est confronté depuis quelques années à une forte immigration d’Europe de l’Est. Elle inquiète de plus en plus certains habitants comme Lorraine Pancott : "Je pense que nous devons sortir. L’immigration est hors de contrôle. Je n’ai rien contre les familles qui viennent ici pour avoir une vie meilleure, ce qui est le cas pour beaucoup. Mais nous ne contrôlons pas les gens qui arrivent."

À Boston, d’après le recensement de 2011, 13 % de la population est originaire de l’UE, essentiellement d’Europe de l’Est, et cette proportion a sans doute augmenté ces dernières années. Boston est entouré d’exploitations agricoles qui ont besoin de main d’œuvre. Les immigrés sont attirés par ces emplois qui, même mal rémunérés, leur offre souvent une vie meilleure que dans leur pays d’origine. Pour Michael Cooper,  conseiller municipal conservateur à Boston, "ça a présenté beaucoup de défis pour le conseil municipal en termes de logement, d’école, d’aide médicale. Les habitants ont peur pour leurs services publics et leur mode de vie."

Des immigrés "encouragés puis exploités"

À l'inverse, plusieurs études montrent que l’immigration est plutôt un atout pour l’économie britannique… Le Royaume-Uni a besoin de cette main d’œuvre bon marché qui porte l’économie dans certains secteurs. Paul Gleeson, élu local du parti travailliste, votera pour rester dans l’UE. Pour lui, ce sont les employeurs britanniques et certains propriétaires qui profitent de la situation. "Des gens encouragent trop de nouveaux travailleurs à venir à Boston. Ils utilisent leur présence pour tirer les salaires vers le bas. Et ils exploitent aussi gravement ces nouveaux travailleurs. L’autre impact c’est l’augmentation des loyers.  Certains propriétaires ne se soucient pas des gens qui vivent dans leurs maisons. Et ça cause une augmentation des loyers pour tout le monde. Ce ne sont pas les immigrés qui posent problème, ce sont les personnes qui les exploitent."

Un discours qui n’a aucune prise sur des classes populaires tentées par le Brexit. Le message des eurosceptiques sur l’immigration vise précisément ces électeurs. Et leur campagne semble porter ses fruits.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.