Si la réélection de Vladimir Poutine dimanche à la tête de la Russie ne fait aucun doute, les motivations des électeurs méritent d’être analysées. Illustration à 400 kilomètres à l’est de Moscou dans la ville industrielle de Nijni Novgorod, l’ex- Gorki.

L'entrée historique de l'usine automobile de Nijni Novgorod où Poutine a annoncé sa candidature en décembre dernier
L'entrée historique de l'usine automobile de Nijni Novgorod où Poutine a annoncé sa candidature en décembre dernier © Radio France / Bertrand Gallicher

C’est dans cette agglomération d’un million 200 000 habitants sur les rives de la Volga, que le président russe s’est déclaré candidat le 6 décembre dernier

"Je vais présenter ma candidature à la présidence de la Fédération de Russie", déclare alors Poutine devant un parterre de salariés de l’usine automobile GAZ, ancien fleuron de l’industrie soviétique.

Russie : mosaïque à l'entrée de l'usine GAZ à Nijni Novgorod, sur la Volga
Russie : mosaïque à l'entrée de l'usine GAZ à Nijni Novgorod, sur la Volga © Radio France / Bertrand Gallicher

Un ancien ouvrier qui a quitté l’usine il y a deux ans estime que "en Russie, le seul problème c’est la corruption. Toutes les décisions prises pour le développement, c’est un rideau de fumée. Les décisions servent à se remplir les poches. Mais nous avons un président très sérieux, très fort, il va essayer d’améliorer la situation" se rassure cet homme qui n’exclut pas d’y retourner travailler.

Les habitants de cette cité industrielle se sentent obligés de faire confiance à celui que certains appellent "le Tsar".

Dimitri, étudiant à Nijni Novgorod, n’a pas été dupe de l’intervention du président russe, soigneusement calculée selon lui "C’était la fête de notre entreprise, la plus importante de Nijni Novgorod. Du coup il a choisi cet établissement. C’était un peu malin, c’était un peu un truc".

Une communication politique efficace  dans cet ancien fleuron de l’industrie soviétique des années 70.

Même si aujourd’hui l’usine automobile GAZ, emblème de l’URSS, a perdu de sa superbe. Des 170 000 salariés de l’entreprise à l’époque de Brejnev, il en reste aujourd’hui moins de 20 000. Les berlines Volga qui faisaient la fierté de l’usine sont reléguées au musée, et les chaînes n’assemblent plus que des véhicules étrangers et un seul modèle de  camionnette.

Les Volga, fierté de l'URSS, releguées au musée de l'usine de Nijni Novgorod
Les Volga, fierté de l'URSS, releguées au musée de l'usine de Nijni Novgorod © Radio France / Bertrand Gallicher

Journaliste indépendant,  Alexander Sedov a travaillé jusqu’en 2012  pour le journal de l’usine Avtozavodets.

"Poutine qui est au pouvoir depuis 18 ans est associé à des programmes et à des objectifs concrets, peut-être un peu moins que ce qu’on attendait, néanmoins c’est quelqu’un qui s’est occupé des problèmes de la construction mécanique et de l’industrie automobile" dit-il.

Car Vladimir Poutine est venu régulièrement dans l’usine lors de ses mandats successifs.

Dans cette ville provinciale de Nijni Novgorod, les jeunes accordent volontiers leur soutien à un président qui leur promet la continuité. C’est le cas de Valentina, une étudiante fière de sa ville. A 21 ans, elle n’a connu que la Russie de Vladimir Poutine.

"Ca ne me choque pas, plutôt ça me rassure et je vais voter pour M. Poutine.  C’est pour moi l’homme qui doit être président, juge-t-elle. Auparavant la situation était horrible et Poutine l’a améliorée."

Ici à Nijni Novgorod, les partisans de Vladimir Poutine en veulent pour preuve le stade flambant neuf, construit pour la coupe du monde de football,  et sa station de métro qui sera peut-être ouverte à temps à la mi-juin.

Le nouveau stade de foot de Nijni Novgorod pour la coupe du monde
Le nouveau stade de foot de Nijni Novgorod pour la coupe du monde © Radio France / Bertrand Gallicher
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