Un centre d'entrainement militaire quasiment unique en Europe, un centre d'entrainement au combat urbain, vient tout juste d'ouvrir ses portes à Sissonne, au nord de Reims. Il doit permettre aux armées françaises de mieux se préparer aux batailles en ville. Durant la longue période de la guerre froide, les militaires du monde entier ont étrangement délaissé l'étude du combat urbain. En France, des générations de soldats ont ainsi essentiellement appris à résister au déferlement des blindés du Pacte de Varsovie dans les plaines de Champagne. Pourtant, cela fait des millénaires que la ville constitue l'enjeu majeur d'une guerre et c'est toujours le cas. Le général Patrick Colas des Francs commande le centre de préparation des forces (interview). L'armée de terre a donc investi 82 millions d'Euros (à peine le prix de 2 avions de chasse) pour se doter de nouveaux équipements, dont le CENZUB - un nom un peu barbare qui veut dire simplement centre d'entrainement en zone urbaine. Installé dans l'Aisne, il comprend actuellement un village de 63 bâtiments et maisons. Visite guidée en exercice avec le commandant Charles Arminjon, responsable des instructeurs (son). Avant cela, l'armée française était mal préparée en milieu urbain. Par exemple, ses difficultés à Mitrovica au Kosovo en 1999 ont accéléré l'idée de créer ce Cenzub. S'en sont suivi tout de même 6 ans de réflexions et d'études. La principale innovation de ce centre, c'est qu'il permet désormais de faire travailler ensemble des unités qui n'en ont pas l'habitude, jusqu'au plus petit échelon, de jour comme de nuit. Le lieutenant Paul de Thieulloy, 25 ans, du 1er régiment d'infanterie, parfait son apprentissage (interview). On le voit aujourd'hui - et notamment en Irak - les soldats doivent faire face à des miliciens plutôt qu'à des armées régulières. C'est ce que les stratèges appellent la "guerre asymétrique" Comment ça se passe au Cenzub ? Il existe un corps d'instructeur qui est capable de jouer tout type de scénaris et notamment de harceler les troupes, habillées en civils, en pratiquant une guérilla. Ce village d'une soixantaine de bâtiments doit instruire l'ensemble des 134.000 soldats de l'armée de terre française. Il n'est qu'une étape dans la montée en puissance du Cenzub prévue jusqu'en 2015. Le chef de bataillon Hubert Gomart est chef du pôle tactique (interview). En 2015 donc, ce sont 600 soldats qui pourront être instruits quotidiennement à Sissonne et ce centre intéresse déjà de nombreuses armées européennes. Un dossier de Stéphane Fort, spécialiste des questions de défense à France Inter.

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