La Côte d’Ivoire entre à nouveau dans une phase politique extrêmement sensible. Après un premier report de l’élection présidentielle, l’année dernière, et un nouvel échec cette année, il est question d’une nouvelle transition sous contrôle de l’ONU. Demain à Addis Abeba en Ethyopie, l’Union Africaine devra se prononcer sur des options de sortie de crise radicalement opposées. C’est reparti pour une période difficile où rien n’est exclu. Les journaux ne cessent d’évoquer en Une, depuis plusieurs jours, cette réunion de l’Union Africaine qui aura lieu demain. Car c’est bien là que l’on devrait voir enfin des prises de positions claires. Il y a ceux qui souhaitent réduire les pouvoirs d’un des leurs - Laurent Gbagbo - au profit d’un premier ministre nommé par la communauté internationale. Il y a ceux qui ne veulent surtout pas qu’un chef de l’état africain soit soumis au diktat d’une rébellion, ceux que la position très influente de la France dérange, au vu de son passé colonial. Et c’est sur ce point que le président ivoirien entend faire la différence. L’Afrique du Sud de Thabo M’beki, ou encore l’Angola y serait sensible. Laurent Gbagbo proposerait l’envoi d’une force africaine en lieu et place de La licorne, le contingent des 4000 soldats français. Pour l’instant, il ne l’a pas dit publiquement, mais c’est son parti qui sonne la charge depuis 3 semaines. Ce week end encore, au travers de meetings dans de petites sections, comme celle d’Abobo Doume à Youpougon. Navigué Konaté est secrétaire national des jeunes du FPI - le front populaire ivoirien (interview). L’autre interprétation c’est que le front populaire ivoirien ne veut plus d’une force d’interposition qui coupe le pays en deux, pour tenter de reprendre à nouveau le nord de la Côte d’Ivoire. Pour André Manzi, un français qui vit en Côte d’ivoire depuis 50 ans, c’est une évidence (interview). Sauf qu’il y a ce bras de fer entamé avec la force Licorne. Une grosse campagne de presse des journaux proche de la présidence et du front populaire ivorien, des tensions verbales aussi sur le terrain. Le général Lecerf commande les troupes françaises en Côte d’Ivoire (interview). On évoque ici, sans le dire au micro, ces centaines de SMS, ces coups de fil échangés, sur ce qui pourrait se passer dans les jours qui viennent. Le grand retour de la psychose. Mais en fait, personne ne croit au même scénario qu’il y a deux ans. En revanche, on craint l’étincelle, l’affrontement entre militants de chaque partie en conflit qui dégénère. Le front populaire ivoirien évoque déjà des conséquences sur les populations des pays voisins, si les choses tournent mal, ce que confirme Navigué Konaté, le leader des jeunes du front populaire ivoirien (interview). Hier soir, l’ONU a lancé un appel à la retenue. Le général Lecerf, lui, confirme que le danger est bien réel (interview). Un dossier d'Emmanuel Leclère, en direct d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

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