Par Franck Cognard 20 règlements de compte depuis le début de l'année, 13 morts et autant de blessés, 30 règlements de compte l'an dernier : Marseille est la capitale française du genre. Quelles sont les raisons de ce cycle criminel ? On est passé des "beaux mecs" aux "chiens fous". Les "beaux mecs", c'est ainsi qu'on appelle les voyous connus du grand banditisme. A Marseille, ils appartiennent au milieu corso-marseillais qui tient les jeux, le racket, les boîtes de nuit et qui fait un peu dans l'immobilier et la drogue. Les "chiens fous", ce sont les voyous de cités qui font quasi exclusivement dans le cannabis, et ce sont eux qui s'entretuent principalement depuis deux ans. Et dans ce milieu là, explique le patron de la PJ marseillaise, Roland Gauze, on ne réfléchit, on ne prépare pas, on ne se flingue pas par raisonnement, mais par réflexe. Il ne faut pas non plus être angélique. On ne découvre pas les règlements de compte à Marseille avec ces dealers de cité. C'est vrai que ça s'entretuait aussi allègrement dans le milieu corso-marseillais, mais il y avait des règles. D'abord les menaces, les pressions, "je t'incendie un immeuble", "je te mets à l'amende". Eventuellement, il y avait passage devant le juge de paix et après seulement, sortaient les armes. Ce n'est plus ça aujourd'hui, reconnaît aussi l'avocat marseillais qui connait le mieux le sujet. Frédéric Monneret a défendu Francis le Belge, Toni l'Anguille, ou encore Raymond le Chinois, des grandes figures de la pègre. Ce que dit cet avocat, c'est que la police finalement, en faisant tomber les parrains ou ces fameux "beaux mecs", a laissé le terrain aux "chiens fous". La police n'est pas tout à fait d'accord évidemment, et affirme que les corso-marseillais tiennent toujours certains secteurs. Mais discrètement, pour en revenir aux chiens fous, Maître Monneret expliquait qu'il n'y avait pas de figure respectée et charismatique pour calmer le jeu en cas de différend. Des différents quelquefois tellement futiles que ça en est hallucinant, précise le commissaire Gauze. Et la police, que fait-elle ? Et bien elle tente de suivre, parce que le temps d'analyser les indices, de trouver des tuyaux, d'apporter des preuves, la riposte du clan adverse a déjà eu lieu et le cycle continue.

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