Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs faits de violences dans ou aux abords des établissements scolaires. A Amiens, dans le Nord, à Grigny dans l'Essonne, principales ou enseignantes ont été bousculées, insultées, agressées ou frappées par des élèves parfois âgés de 15 ans. A Sevran en Seine-St-Denis, une balle a traversé une salle de classe. Beaucoup d'établissements connaissent ce climat. Dans « Reporter » ce matin, trois exemples en Seine-St-Denis, avec des témoignages de professeurs. Le premier au collège de Pierrefitte, où un week-end, le principal adjoint a été agressé à coup de couteau dans l'établissement. Ses jours ne sont plus en danger mais le malaise est encore là chez les enseignants. Suite à cette agression, l'encadrement a été renforcé mais temporairement. Un deuxième CPE, un Conseiller Principal d'Education, a été affecté jusqu'en janvier seulement. Les CPE ont un rôle essentiel d'intermédiaire lorsque les rapports entre élèves et professeurs sont tendus. Dans ce collège de ZEP, qui n'est pourtant pas classé parmi les plus difficiles, le climat est violent. Beaucoup de bagarres entre élèves, des agressions verbales vis-à-vis des enseignants. Nicolas Sanchez, professeur d'EPS au collège Pablo Neruda de Pierrefitte, est amer (interview). Dans ce collège, la moyenne d'âge des professeurs est de 28 ans. Et chaque année, la moitié d'entre eux quittent l'établissement. Dans ces conditions, difficile d'assurer le suivi des élèves. Audrey Zouker est une jeune professeur d'histoire-géo de 25 ans, arrivée dans ce collège à la rentrée. Elle a des classes de 22 élèves en moyenne. Ça peut paraître peu, c'est en fait déjà trop (interview). Deuxième étape à Villepinte, au collège Jean Jaurès, où le principal a été frappé par un ancien élève, un soir, sur un parking. C'était avant les vacances de la Toussaint, et depuis, le climat s'est beaucoup détérioré. Pourtant, ce collège n'est pas des plus difficiles. Les enseignants se répartissent équitablement selon les tranches d'âge. Jean-Gabriel Forlorou, a 53 ans, et ça fait 20 ans qu'il enseigne l'anglais dans ce collège (interview). Mais ce professeur redoute que les choses ne s'aggravent encore (interview). Dernière étape au collège Jean Vilar de la Courneuve, classé "Ambition réussite", autrement dit, doté normalement de moyens supplémentaires. Et là aussi, c'est un sentiment d'amertume qui domine. Les enseignants réclament depuis des semaines un poste de principal adjoint. Depuis 3 ans, le collège a changé de chef d'établissement chaque année. Il y a 60% de professeurs débutants. Et la semaine dernière, la violence est montée d'un cran. Lundi dernier des poubelles ont été enflammées juste devant le collège. La principale a reçu une canette pleine sur le cou. Mais ça fait des mois que les enseignants travaillent dans des conditions difficiles. Comme l'explique Guillaume Delmas, professeur d'histoire-géo depuis 6 ans dans ce collège (interview). Dans tous ces collèges, les enseignants pointent du doigt les défaillances de l'encadrement. Pour Clément Dirson, responsable du SNES 93, syndicat du secondaire, le lien avec la violence est évident (interview). Une enquête de Sonia Bourhan.

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