Le mal-logement, c'est un phénomène que la crise économique actuelle risque d'amplifier. Il concerne 3 millions de personnes en France. Parmi ces personnes, des SDF bien sûr, mais on assiste ces dernières années à l'essor d'une nouvelle précarité. Ils ne sont pas à la rue mais n'ont pas non plus de domicile personnel digne de ce nom. Ils ont un travail, mais ne gagnent pas assez pour louer ou acheter un logement. Alors certains décident d'aller au camping. Et le camping à l'année, c'est loin, très loin, de l'ambiance du film du même nom. Françoise habite dans un camping de l'Essonne, au sud de Paris. Au bout du camping, long d'un kilomètre et demi, dans les bois, au bord de la rivière, c'est chez elle. Petit tour du propriétaire (reportage). Françoise a la cinquantaine. Elle était gérante de société, puis salariée chez un notaire. Elle a tout perdu il y a 4 ans (interview). Petit à petit, Françoise a construit son nid, amélioré son confort. Elle a retrouvé un travail en tant qu'employée de maison. Et pour la première fois, elle est sereine, avec un bémol tout de même (interview). Françoise vient de faire une demande de logement social, mais célibataire et sans enfant à charge, elle n'est pas prioritaire. Comme elle, ils sont une cinquantaine à vivre à l'année dans ce camping. Une communauté d'entre aide s'y est créée. La plupart y sont arrivés parce qu'ils n'avaient plus le choix. Certains en sont repartis après s'être refait une santé financière. D'autres, la majorité, sont restés, parfois par goût ou par habitude, tout simplement. 100 000 personnes vivent au camping à l'année. C'est une estimation de la fondation Abbé Pierre, dans son 12ème rapport, publié en mars. Un emplacement, cela coûte entre 250 et 350 euros par mois. Et là, pas de caution, ni de garant à fournir. Le calcul est donc vite fait. A côté du camping, se développent d'autres solutions de fortune : la location de garage, de sous pentes, ou encore de cabanes. Et la crise ne va rien arranger, comme l’explique Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation Abbé Pierre (interview). La fondation Abbé Pierre estime en plus que les constructions récentes ne sont à la portée que des classes moyennes supérieures, en majorité en tous cas. Et que faute de logements, le droit au logement opposable risque de rester lettre morte. Un reportage de Marie Bernardeau.

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