En marge du sommet de Copenhague, cette question ce matin : comment les préoccupations environnementales s’emparent-elles de nos villes et de nos objets ? Réconcilier la nature et la ville : un rapprochement possible ou un simple effet de mode ? C’est, souhaitons le, l’histoire d’une utopie qui est peut-être en train de se réaliser. Il y a plus de 20 ans, quand Patrick Blanc invente et brevète le mur végétal, il n’intéresse pas grand monde. Aujourd’hui, ce botaniste de formation, est demandé sur tous les continents. La façade végétalisée du musée du quai Branly, c’est lui. Sur les bâtiments publics, les hôtels, les sièges d’entreprises, on veut ses plantes qui occupent l’espace vertical. Idée géniale, vu le manque de place à l’horizontale dans les villes. Et Patrick Blanc imagine la cité de demain, où l’homme est en contact quasi-permanent avec la nature (interview). Patrick Blanc va bientôt inaugurer un mur végétal dans un parking à Lyon, où l’air sera purifié par les plantes. Plus globalement, à l’échelle d’une grande ville, comment les urbanistes envisagent-ils ce nouveau rapport à la nature ? Si on prend l’exemple du projet « Grand Paris », le premier enjeu c’est la fluidité des transports en commun, pour se libérer de la voiture. Il est bien sûr question aussi de créer des espaces verts, mais Michel Cantal-Dupart, architecte urbaniste qui fait partie de l’équipe pilotée par Jean Nouvel, va plus loin. Il imagine une ville accueillante pour la flore mais aussi pour la faune car, dit-il, les animaux sont attirés vers les villes par les corridors de la bio-diversité, comme les voies ferrées (interview). Et le design n’échappe pas lui non plus à cette vague verte. Le design est le reflet de son époque, donc effectivement, il se tourne vers la nature. Là où c’est intéressant, c’est quand il apporte une fonction nouvelle à l’objet en faisant cohabiter le végétal et le plastique auquel le design doit beaucoup. C’est ce que fait Alexis Tricoire, qui a créé un coussin dans lequel poussent des plantes, une liane qui suspend la verdure au-dessus des espaces vides ou encore une lampe dans laquelle on trouve un jardin miniature (interview). Dans l’art contemporain aussi on retrouve ce questionnement sur la nature. Un artiste comme Michel Blazy utilise des fruits, des légumes, qu’il laisse pourrir pour souligner l’aspect éphémère et évolutif de son travail. ____Un reportage de Thierry Fiorile.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.