L'hôpital psychiatrique de Villejuif en grève contre la remise en cause des 35 heures
L'hôpital psychiatrique de Villejuif en grève contre la remise en cause des 35 heures © Radio France

La Fédération hospitalière de France remet en cause les 35 heures et veut réduire le nombre de RTT des personnels soignants. À l'hôpital psychiatrique de Villejuif, certains agents sont en grève depuis l'été dernier.

C'est la Fédération hospitalière de France, regroupant tous les hôpitaux publics, qui remet en cause l'accord des 35 heures. Un million d'agents sont concernés.

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France :

On demande à l'hôpital de participer aux économies générales en réduisant ses dépenses de cinq milliards d'euro. Pour cela on ne peut pas écarter l'un des problèmes majeurs de l'hôpital qui l'organisation du travail.

Frédéric Valletoux veut plafonner les nombre de jours de RTT par an :

Certains hôpitaux sont à 35 jours de RTT par an. Comment voulez vous organsier un hôpital avec 35 jours de RTT par personne ? Nous, on propose de plafonner à 15 jours par an, c'est à peu près la moyenne des hôpitaux en France.

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"On propose de plafonner les RTT à 15 jours par an"

Selon lui, assouplir l'organisation du travail permettrait d'économiser 400 millions d'euros et de palier les problèmes d'absentéisme et de manque de personnel.

L'hôpital psychiatrique de Villejuif en grève depuis cet été

Réduire le nombre de RTT, c'est ce qui est négocié discrétement dans des dizaines, peut-être même des centaines d'hôpitaux. A l'hôpital psychiatrique Paul Guiraud de Villejuif, en banlieue parisienne, une partie du personnel est en grève depuis cet été. Dans la cour, les grévistes ont installé banderoles et tentes. Malgré le froid, ils dorment sur place. Dans cet hôpital psychiatrique, les agents avaient droit à 27 jours de RTT mais la direction leur en a supprimé dix. En échange, les journées de travail sont plus courtes... de 24 minutes.

Aurélia Khorkoff, psychomotricienne, juge ce compromis insatisfaisant :

On ne se repose pas avec 24 minutes de moins. On part plus tôt oui mais 24 minutes, qu'est-ce que ça change ? Les jours de repos ne sont pas du luxe en psychiatrie. Parce que c'est du travail extrêmement difficile. On ne se représente pas ce que c'est. La psychiatrie, ça prend la tête, vraiment. C'est très difficile de repartir chez soi et de laisser tous les patients qu'on a rencontrés, toutes ces souffrances, toutes ces larmes, tous ces cris. Parce que c'est beaucoup ça la psychiatrie, c'est des cris, c'est de l'agitation, c'est de la souffrance qu'on se prend dans la gueule. On a besoin de couper.

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"La psychiatrie, c'est des cris, de l'agitation, de la souffrance. On a besoin de couper."

Ce qui inquiète les grévistes au sujet de ces journées raccourcies, c'est que le personnel quitte l'hopital sans avoir fait correctement les transmissions à l'équipe qui suit.

Pour Joël Volson, syndicaliste, c'est un retour caché aux 39 heures mais payées 35 :

Je soupçonne la direction de l'établissement d'espérer que les gens ne regardent pas leur montre, que in fine nous fassions huit heures de travail, du travail gratuit. C'est qu'il sommeille parfois en chacun de nous une bonne soeur. On a vocation à être dans le soin, dans l'aide à l'autre mais on sait bien, on sent bien que c'est essentiellement une question d'économie budgétaire.

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"La direction espère que nous fassions 8h de travail, du travail gratuit"

Marisol Touraine, la Ministre de la Santé reste ferme en affirmant qu'elle n'a "pas l’intention" d’ouvrir le sujet des 35 heures à l’hôpital. Pourtant, la remise en cause des accords a déjà commencé en interne... Après les hôpitaux publics, la Fédération des établissements privés annonce, elle aussi, vouloir renégocier l'organisation du temps de travail, via les branches professionnelles. Elle emploie près de 250 000 personnes.

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