Le directeur de l'école de commerce était le chef de la filière de faux étudiants chinois
Le directeur de l'école de commerce était le chef de la filière de faux étudiants chinois © Radio France / Emmanuel Leclere

C’est une information de France Inter : une importante filière présumée de faux étudiants chinois inscrits dans une vraie école de commerce parisienne a été démantelée. Son directeur est sous les verrous.

Des faux étudiants chinois, une vraie école de commerce

Cela n'a rien à voir avec l'état d'urgence mais depuis une semaine, une série de perquisitions et d'auditions ont eu lieu à Paris et en Ardèche. C’est l'aboutissement d'un an d'enquête pour les agents de l'OCRIEST, l'Office Central pour la Répression de l'Immigration Irrégulière et de l'Emploi d'Etrangers Sans Titres.

Ce sont les policiers chargés entre autres des passeurs de filières clandestines de migrants, notamment à Calais. Mais là, c'est un trafic bien plus important qu'ils ont eu à traiter, en l'occurrence plusieurs centaines de faux étudiants présumés, tous chinois et tous inscrits dans une même école de commerce qui a plusieurs sites de formations dans Paris.

"Le renseignement d'origine, ce sont nos agents de liaison que nous avons en Chine" raconte Julien Gentil, le patron de l'OCRIEST à Lognes dans le Val de Marne, "les consulats avaient noté une grande quantité de demandes de visa sur justificatifs fournis par cet établissement".

L'information judiciaire dans ce dossier porte sur un trafic de plusieurs centaines de faux étudiants présumés inscrits chaque année (entre 500 et 1000). Les enquêteurs en ont établi une centaine pour caractériser le délit selon la commissaire Anne Laure Arassus.

Le démantèlement de la filière ordonné la semaine dernière

La juge en charge de l'affaire a ordonné en début de semaine dernière le démantèlement de la filière.

Une série d'interpellation a eu lieu dans 14 sites simultanément à 6h du matin, principalement au domicile du directeur de l'établissement à Paris. L'homme, âgé de 56 ans, a d'abord refusé d'ouvrir, ce qui a donné un début de perquisition et de garde à vue assez tendue.

Le chef d'établissement louaittrois appartements à plus de deux mille euros par mois dans cette même résidence dont l'un pour une amie d'origine chinoise et il investissait "beaucoup" selon un enquêteur dans un restaurant en Ardèche que gère son ex épouse alors que ses comptes en banque sont vides.

D'autres indices ont été récupérés dans l'un des trois sites de formations de l'école de commerce perquisitionnée dans la foulée, notamment des dizaines de chèques sans ordre.

Des chèques signés par des faux étudiants chinois
Des chèques signés par des faux étudiants chinois © Radio France / Emmanuel Leclere

Le directeur, menotté, est arrivé entouré des policiers au milieu d'un personnel administratif stupéfait.Il y a 3 ans déjà, le précédent directeur avait été remercié pour les mêmes raisons, dit un proche du dossier. Mais c'était à une "bien plus petite échelle !" .

Le chef de l'OCRIEST Julien Gentil rappelle :

Il est très rare qu'une filière clandestine soit dirigée par un ressortissant français, les filières afghanes sont tenus par des afghans, les filières vietnamiennes par des personnes d'origine vietnamiennes, là il suffisait d'une imprimante pour délivrer des centaines de justificatifs pour les visas et les faux diplômes, sans que l'équipe pédagogique ne soit au courant.

Dans son bureau, le chef d'établissement doit s'expliquer sur des dizaines de chèques, certains sans ordres, sur les noms d’origine chinoise des titulaires des comptes, on l'entend de loin dire qu'il s'agirait d'amis qui aident à sauver un établissement financièrement mal en point.

Pour les enquêteurs, certains chèques d'étudiants étaient donnés ces derniers mois à de drôles d'amis, certains en liens avec le milieu du banditisme.A charge pour eux de les encaisser et de les rendre en liquide moyennant quelques intérêts...

Le rythme était en train de s'accélérer alors que les comptes des sociétés qui chapeautent l'école plongeaient dans le rouge. Selon nos informations les arriérés de paiement à l'URSSAF s'élèveraient à près de 800.000 euros.

Neuf personnes ont été mises en examen, deux ont été placées en détention provisoire dont le directeur de l'établissement de formation.

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