Comment l’aviation française, au sein de la coalition, a fait tomber le dernier bastion de l'Organisation État Islamique en Syrie, chassée, ces derniers jours, de la ville d’Hajin dans le sud-est de la Syrie. L’aviation a donc eu un rôle crucial. Quatre rafales français sont engagés dans cette opération Chammal.

L'un des quatres Rafale français engagés dans la lutte contre Daech en Syrie
L'un des quatres Rafale français engagés dans la lutte contre Daech en Syrie © Radio France / Etienne Monin

Malgré les bourrasques de vent dans ce paysage couleur sable, les deux rafales s’arrachent à la piste pour une nouvelle mission, en duo, au-dessus de la poche d’Hajin. 

C’est le deuxième survol de la journée. Les avions français sont à moins d’une demi-heure du lieu des combats. Les pilotes agissent dans le cadre de l’opération Chammal qui est le volet français de cette guerre lancée contre l'Organisation État Islamique en Syrie, il y a maintenant quatre ans, par la coalition.

Hajin est le dernier réduit du groupe terroriste, coincé entre le fleuve Euphrate et la frontière Irakienne. "C’est la dernière poche la plus visible. Daesh est encore présent ailleurs en souterrain" précise le commandant de la base, le colonel Philippe.

Une bataille laborieuse

L’offensive à Hajin dure depuis maintenant trois mois. Les avions soutiennent les forces démocratiques syriennes qui avancent au sol. Elles sont essentiellement composées de Kurdes soutenus par les Américains. Mais cette bataille est laborieuse : la coalition fait face aux djihadistes les plus radicaux. Pour le lieutenant-colonel Nataf chef du détachement Rafale, "les derniers combattant de Daesh sont des jusqu’auboutistes et des combattants aguerris".

Dans cette opération les Français utilisent principalement des bombes de 250 kg guidées par laser et par GPS. Elles permettent, soit l’avancée des Kurdes, soit le désengagement en cas de contre-attaque. La bataille se fait en ville et dans la périphérie. Mais c’est un environnement différent de Mossoul ou Raqqa, explique le lieutenant-colonel Nataf qui a participé à ses deux batailles : "Par le passé, Daesh était beaucoup plus puissant dans la région".

le drapeau français flotte sur cette base tenue secrète
le drapeau français flotte sur cette base tenue secrète © Radio France / Etienne Monin

Les djihadistes tiendraient encore plusieurs villages

Les avions survolent en permanence un secteur limité d’environ 350 km2. Les moyens de la coalition sont importants. Il y a parfois sept drones, six avions de chasse et un bombardier. Mais "les hommes de l’État Islamique ont appris des batailles précédentes" dit le colonel Philippe. "Daesh évite de s’engager massivement lorsque la météo est clémente".

Les djihadistes sont maintenant au sud de la ville. Ils tiendraient encore plusieurs villages. Cette avancée de la coalition pourrait accélérer la transformation du groupe dans la région, qui devient clandestin après avoir été militaire. "En Irak , ils sont revenu à des modes opératoires qu’on a connu au milieu des années 2000" estime Wassim Nasr, journaliste pour France 24.  

La piste d’atterrissage de la base de la coalition, à une 1/2 heure de vol d'Hajin
La piste d’atterrissage de la base de la coalition, à une 1/2 heure de vol d'Hajin © Radio France / Etienne Monin

La base française existe depuis maintenant quatre ans. 300 militaires sont  mobilisés. Le nombre d’avion engagé a sensiblement diminué : Il reste quatre rafales pour la bataille d’Hajin.

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