En Espagne, la loi anti-tabac est entrée en vigueur le 1er janvier dernier. 17 jours après, nous avons voulu savoir si ses dispositions sont appliquées et comment les Espagnols - qui fumaient énormément - ont réagi. Que prévoit exactement cette loi ? C’est simple : elle interdit totalement de fumer sur les lieux de travail. Elle n’autorise pas le moindre « coin fumeur » dans les entreprises : ceux qui veulent allumer une cigarette à leur bureau sont obligés de sortir dans la rue pour le faire. Et dans les bars ou restaurants, la loi est beaucoup plus douce : Elle établit une différence entre les grands et les petits établissements mais en général, on continue à fumer presque partout, sauf donc, sur les lieux de travail. Les Espagnols ont brusquement arrêté de fumer en travaillant. Beaucoup souhaitent même cesser de fumer à la faveur de cette loi. Depuis le 1er Janvier d'ailleurs, la vente de cigarettes a chuté de 25% - ça a surpris les Espagnols eux-mêmes, comme Carlos Espana qui dirige un coin gastronomique, la Vinia, à Madrid (interview). « Surprenant » en effet car les Espagnols sont plutôt de bons vivants qui n’aiment guère être contrôlés ! C’est ce qu'explique Miguel Angel Bastenier, le sous-directeur du journal « El Pais ». Lui est un grand fumeur et, même s’il respecte la loi, il estime que le législateur a poussé le bouchon un peu loin (interview). Exemple dans une entreprise, plus précisément dans une salle de rédaction,à la radio « Cadena ser » où il n’y a pas de chasse aux sorcières ! La journaliste Maria José Agejas le confirme (interview). Certains non-fumeurs, comme la journaliste Myriam Soto, trouvent même que la loi est trop dure pour les fumeurs (interview). On y trouve évidemment des gens mécontents dans cette station de radio. Par exemple : l’animateur vedette Carlos Llamas. Lui, a du mal a s’y faire, il sort beaucoup sur le balcon en fumer une, mais, comme les autres, il se plie à la règle. Il ne fume plus, ni dans la salle de rédaction ni même dans le studio où il avait coutume de le faire (interview). Conclusion, même s’ils continuent à fumer, dans les bars ou les restaurants, les Espagnols ont donc accepté de ne plus le faire sur leurs lieux de travail. C’est une belle leçon de civisme et de respect d’autrui qu’ils donnent là ! Et côté contraventions, la loi prévoit des amendes entre 30 et 10. 000 euros. Mais à ce jour, on ne dénombre qu’un seul fumeur interpellé à Valence dans un bar « non fumeur »! Autant dire, rien ! Cela confirme l’obéissance générale à la loi. Un dossier de Pierre Cayrol, en direct de Madrid en Espagne.

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