Le mouvement d'opposition à la loi sur l'autonomie des universités a duré… dans certains cas 17 semaines ! La réputation des facultés en a-t-elle souffert ? L’université de Rennes 2, par exemple, a la réputation d'éternelle rebelle. Quatre mouvements en cinq ans. Rennes 2 traîne la réputation d'être de tous les conflits. Sept semaines de blocage, quatre mois de grève... et les Unes de la presse depuis février. Cela n'a pas empêché la tenue des examens de juin et le succès à l'écrit du CAPES pour Jean-Marie Evrard, 23 ans, pourtant impliqué dans le mouvement (interview). Face à l'image, Jean-Marie avance du chiffre : Rennes 2 se classe au 3ème rang pour la réussite au CAPES et à l'agrégation d'histoire. Les performances des universités, les étudiants savent désormais les dénicher. Voilà pourquoi, en dépit de l'image qui lui colle à la peau, Rennes 2 continue d'attirer des étudiants. Marc Gontard est son président (interview). Mi mai, les chiffres d'inscription fournis par le ministère de l'enseignement supérieur étaient pourtant plus alarmants. -25%, -50% d'inscriptions en première année à Paris 8, Paris 4 ou Toulouse 2 Le Mirail. Les chiffres étaient alarmants. En fait, personne ne peut rien affirmer encore. Les lycéens avaient jusqu'à dimanche pour confirmer leur premier choix sur le logiciel « Admission post bac ». Mais il y aura une baisse malgré tout. Tout simplement par effet démographique. Il faut faire le distingo entre filières : en médecine, en droit, les amphis sont bondés et le seront de plus en plus. En sciences, en lettres, il y a une désaffection réelle. Est-ce que c’est lié aux débouchés ? La question a été posée à Lionel Collet, le président de Lyon 1 et président de la CPU, la Conférence des Présidents d’Universités (interview). Compte tenu de leurs moyens, 4 fois moins que les IUT, parfois 10 fois moins que les grandes écoles, les universités françaises doivent batailler pour être compétitives face aux filières sélectives. Sans compter que les patrons ou politiques sont passés presqu’exclusivement par les grandes écoles. A l'étranger, il y a quelques inquiétudes selon certaines universités mais pas de rupture de conventions partenariales entre facs françaises et étrangères. En revanche, il reste des étudiants étrangers attirés par la qualité et la quasi gratuité de l'enseignement, comme Mohamed. Cet égyptien termine sa thèse de droit (interview). Un reportage de Sophie Bécherel.

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