Donald Trump lancera officiellement la campagne pour sa réélection ce mardi en Floride. Sa base électorale va-t-elle le suivre ? Pour le suivre, direction York en Pennsylvanie. C’est là que se trouve une usine Harley Davidson, fabricant au cœur du bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine.

Marty, biker, est ouvrier chez Harley-Davidson
Marty, biker, est ouvrier chez Harley-Davidson © Radio France / Gregory Philipps

C’est une église pas tout à fait comme les autres, où presque tous les fidèles arrivent juchés sur d’énormes cylindrées, portant blousons de cuir, tatouages et barbes longues pour les hommes. Bienvenue à la Freedom Biker Church ! "On voulait offrir aux bikers un lieu, une église, où tout le monde aurait la même apparence qu’eux, parlerait comme eux, et comprendrait leur culture, explique Jackie Quoss, l’épouse du pasteur. C’est une fraternité. Ces motards sont des gens qui ont les pieds sur terre. On peut évidemment les qualifier de conservateurs. Il n’y a pas de libéraux ici. Et très certainement, dans leur très grande majorité, ils soutiennent Donald Trump. Car ce dernier a vraiment rendu sa grandeur à l’Amérique !"

La Freedom Biker Church est dédiée aux bikers, et se veut être un lieu qui leur ressemble
La Freedom Biker Church est dédiée aux bikers, et se veut être un lieu qui leur ressemble © Radio France / Grégory Philipps

En 2016, York, Pennsylvanie avait voté à 63% pour Trump. Aujourd’hui le président reste très populaire chez ces motards, qui roulent quasi exclusivement en Harley-Davidson : "Nous aimons les motos Indiana et Harley, et aussi tous les produits fabriqués en Amérique, reprend Jackie. Parce que ces produits, ce sont nos emplois. Quand Trump impose des droits de douane à d’autres pays, il empêche les entreprises d’ici de délocaliser ailleurs. On achète américain, on aime américain, et Trump fait ce qu’il faut pour notre pays avec ces tarifs".

Dans cet état de Pennsylvanie à la fois ouvrier et rural, les électeurs de Donald Trump n’ont d’ailleurs qu’un mot à la bouche : le boom économique. Scott le motard travaille dans une carrosserie automobile et constate : "Je fais plus d’argent. Ma famille et la plupart de mes amis se portent mieux financièrement. On vient de recevoir le retour des impôts. J’ai économisé 1000 dollars par rapport à l’an passé".

A l’intérieur de l’église, le groupe local propose un mélange de blue grass, de country music et de rock chrétien à grosses guitares. A l’extérieur sur le parking, après l’office, les fidèles parlent politique… et économie. Tout le monde sait bien que Harley Davidson a souffert des tarifs imposés par la Maison-Blanche et des mesures de représailles de l’Union Européenne. Elles ont coûté au constructeur jusqu’à 100 millions de dollars par an. Harley a alors menacé de délocaliser une partie de sa production en Europe et en Asie, et Donald Trump a - un temps-  appelé au boycott de la marque, avant de se reprendre. Ces dernières années, Harley Davidson fermé une usine dans le Missouri mais à York l’entreprise fait travailler dans son usine d’assemblage un millier d’ouvriers, dont beaucoup d’intérimaires : "Moi je bosse la nuit à l’assemblage des motos, dit Marty. La boite a des difficultés. C‘est vrai. Mais en ce moment il y a du boulot. On manque même de main d’œuvre". 

"Il pourrait bien être réélu"

Pourtant, quelques-uns comme Jim (qui se définit comme biker, chrétien et républicain) s’interrogent sur cette politique des tarifs : "Disons que je reste partagé. Trump est un vrai businessman et je le respecte pour ça. En revanche, sur les droits de douane, je crois qu’il ne devrait pas se lancer dans une telle aventure. Ça nous fait mal à nous, les citoyens, ça nous coûte de l’argent. On paye déjà des fortunes pour réussir à vivre dans ce pays. Je bosse dans le secteur médical. Beaucoup d’équipements médicaux sont importés. Et aujourd’hui ils coûtent plus chers".

Les motards de la Freedom Biker Church ont cela en commun. Il aiment les belles motos chromées, Jésus et Donald Trump pour qui ils voteront assurément en 2020. La fidélité de cette base électorale est quasiment sans faille : la cote de popularité du Président atteignait  87% début juin chez les républicains. Marty, l’ouvrier de Harley Davidson constate : "Il pourrait bien être réélu ! Vous savez pour sa première candidature, tout le monde pensait que c’était une blague. Et la blague s’est transformée en réalité ! Ce qu’il fait fonctionne bien, donc je pense que c’est bien parti pour lui…". 

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