Le concept est importé du Canada et est actuellement testé en France. Depuis la semaine dernière, la ville de Drancy en Seine-Saint-Denis, organise des marches exploratoires. Le principe : des groupes de femmes sillonnent les quartiers à la nuit tombée pour trouver des solutions aux problèmes d'insécurité. C'est une fin de journée ordinaire à Drancy. Il est 19h30. Les habitants rentrent chez eux. Des jeunes s'amusent dehors. Il fait nuit noire et malgré le froid, six femmes, des mères de famille, la quarantaine, arpentent leur quartier un carnet de notes à la main. Au milieu des HLM souvent délabrées, elles racontent leur quotidien (interview). Il y a les rats, les bagarres de bandes, mais aussi les pétards lancés au pied des immeubles, qui peuvent s'avérer très dangereux (interview). Ces femmes vivent un quotidien plutôt difficile et l'originalité de cette expérience, c'est qu'au lieu de chercher des solutions répressives, les femmes s'intéressent à l'environnement qui les entoure, à cette architecture typique des villes de banlieue, construites en dalles et en béton, et qui à elle seule créé un sentiment d'insécurité. Exemple dans cette rue sombre de la cité Paul Bert, une parmi d'autres (interview). Les marcheuses dénoncent le dogme du tout-béton : pas cher, mais peu sécurisant (interview). Ces récriminations vont déboucher sur quelque chose de concret. Les marcheuses vont remettre leurs carnets de note à la mairie, qui s'est engagée à améliorer ce qui peut l'être. Parfois, des petites choses... mais qui représentent beaucoup. Gilles Deharo est chargé de mission au comité interministériel des villes (interview). Alors bien sûr pas question de rénover tous les quartiers. Rien qu'à Drancy centre, il faudrait débourser un million et demi d'euros estime la muncipalité. Mais par petites touches. Drancy espère retrouver un visage plus clair, plus fluide, et finalement plus sécurisant. Si le bilan est positif, ces marches exploratoires seront généralisées à d'autres villes. ____Un reportage signé Géraldine Hallot.

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