Déclaration de Netanyahou devant de novelels construction dans les colonies
Déclaration de Netanyahou devant de novelels construction dans les colonies © REUTERS/Ronen Zvulun

Benjamin Netanyahou va-t-il rempiler pour un quatrième mandat confortant ainsi sa longévité politique, la plus importante après Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël ? Ou alors est-ce le centre gauche, emmené par les travaillistes, qui va revenir au pouvoir après 14 ans d'absence ?

Vu le système électoral, à la proportionnelle intégrale, le résultat est très ouvert et encore plus incertain.

Netanyahou s'est concentré sur la sécurité du pays. Et la gauche a tenté de faire campagne sur le coût de la vie

La page Facebook de Naor Narkis
La page Facebook de Naor Narkis © DR Facebook

Le coût de la vie c'est LA priorité des Israéliens. Pour donner une idée, il y a eu il y a quelques mois toute une polémique sur une histoire de facture de supermarché.

C'est un jeune Israélien, Naor Narkis, qui en est à l'origine. Il est parti vivre quelques mois à Berlin. Il a comparé là-bas le coût de la vie avec Israël. Et il a publié un simple ticket de caisse allemand sur son Facebook. Avec le prix d'un yaourt très connu ici.

Naor Narkin

Naor Narkis a reçu 20 000 messages sur sa page personnelle, d'Israéliens souhaitant quitter Israël. Il a fini par être accusé d'anti-sionisme parce qu'il incitait les gens à partir vivre à Berlin.

L'autre obsession des Israéliens, c'est le prix du logement

C'était déjà une préoccupation majeure il y a quatre ans. A l'été 2011, 400 000 personnes avaient installé leurs tentes en plein cœur de Tel-Aviv. Pour dénoncer le prix des appartements. Quatre ans après, un nouveau campement s'est installé, beaucoup plus modeste. Quelques dizaines de personnes seulement, pour rappeler, comme ce chauffeur de camion, que rien n'a changé. Pire, la situation s'est encore dégradée. Les prix ont augmenté de 50% en six ans sous Netanyahou et, en moyenne, il faut 150 mois de salaire israélien pour pouvoir acheter. Le double de la France.

Hillel est en la première victime et il sera bientôt expulsé. Sa famille doit quitter les lieux de son appartement aujourd'hui mardi, le jour des élections.

Je suis routier, je travaille en moyenne entre 16 et 18 heures par jour, et je gagne moins de 1 500 euros par mois. On vit au sud de Tel-Aviv, 85 m². Notre immeuble se trouve derrière un moulin à farine, dans un secteur semi-industriel. On paye 4 000 shekels pour l'appartement, c'est la moitié de mon salaire...

L'Iran avant le logement

Il y a dix jours, Benjamin Netanyahou avait préféré les applaudissements du Congrès américain et les menaces que selon lui le régime iranien fait courir à Israël mais aussi au reste du monde, plutôt que les rapports du contrôleur général sur le logement en Israël. Il a même eu cette remarque qu'on lui a beaucoup reprochée : "On me parle du coût de la vie, mais il y a d'abord la vie elle-même et aujourd'hui la principale menace sur nos vies c'est l'Iran".

Bref, l'Iran avant le logement. Comme d'habitude, le Premier ministre israélien a tenté de placer la sécurité au cœur de la campagne. Mais sans grand succès. Sébastien Laugénie est retourné par exemple à Gaza, dans les kibboutz qui longent l'enclave palestinienne. Et là-bas, on se sent abandonné, rien n'a vraiment changé non plus.

Marlène vit à Zikim depuis 30 ans

Le règlement du conflit israélo-palestinien est donc encore une fois, comme lors des précédentes élections, le grand absent de la campagne. Mais selon un sondage, le coût de la vie, le prix du logement restent pour les électeurs israéliens deux fois plus importants que le processus de paix.

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Les élections israéliennes
Les élections israéliennes © Radio France
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