Sur le plan de la création et de l'audience, les séries télévisées américaines vivent un véritable âge d'or. On peut en percevoir les échos en France, avec le succès cet été de "Lost" sur TF1, ou l'engouement pour "Desperate Housewives", dont Canal + diffuse ce soir les derniers épisodes. C'est devenu une évidence : le meilleur de la fiction américaine se trouve aujourd'hui sur les écrans de télévision. Et pour une raison très simple : le cinéma en salles aux Etats-Unis s'adresse avant tout aux adolescents, supposés adorer les films gorgés d'effets spéciaux, tandis que les multiples chaînes de télévision visent un public adulte. C'est ainsi que des séries comme "24H chrono", "West Wing" ou "Six Feet Under" mettent en scène une attaque terroriste contre les Etats Unis, les coulisses de la maison blanche, ou la vie d'une famille de croque-morts. Dérangeantes, novatrices, excitantes, les séries télévisées américaines connaissent depuis la fin des années 90 un véritable âge d'or. En France, cela se traduit entre autres dans la programmation de Canal +, très en pointe depuis 2 ans sur l'acquisition de séries américaines. (Explications de Rodolphe Belmer, directeur délégué de la chaine). Aujourd'hui toutes les chaînes ont saisi l'importance de l'enjeu, y compris TF1, qui a rassemblé l'été dernier 38 % de spectateurs en prime time avec "Lost". Cela faisait 8 ans que la chaine n'avait pas mis une série américaine en prime time. Vu ce succès, la deuxième saison sera sans doute diffusée à la même heure, mais pas avant plusieurs mois. Et ce qui est frappant avec ces séries, c'est à quel point elles rendent complètement accros ceux qui les regardent. Ecriture, budget, casting, tout est mis en oeuvre pour créer l'addiciton du téléspectateur, en jouant sur le suspense mais aussi la connivence. Car dans les séries américaines, le public est au centre du dispositif. (C'est l'analyse de Séverine Barthes, qui rédige une thèse sur la rhétorique des séries anglo saxonnes.) Bien sûr, en comparaison la France en est encore à l'âge de pierre, avec ses héros de séries lisses et consensuels. Difficile de changer ce conformisme car il tient en partie à la structure de l'audience, très différente des Etats-Unis. (Explications de Frédéric Krivine, le créateur de la série PJ, et vice président du syndicat des scénaristes.) Pour voir autre chose que des instits sympathiques ou des flics irréprochables à la télévision française, il faut donc créer d'autres cases moins exposées en terme d'audience, pour la fiction française. Les choses commencent à bouger si on en croit le thème de la série sur laquelle travaille Frédéric Krivine pour France 3, la chronique de la vie d'une sous préfecture pendant l'occupation. Un dossier de Corinne Audouin, spécialiste des médias à France Inter.

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