A partir d'aujourd'hui, les députés vont débattre d'un texte qui propose de renforcer le contrôle des personnes condamnées pour crimes sexuels et de développer les traitements anti-hormonaux. Les délinquants sexuels redeviennent une priorité. Rencontre avec l’un de ces criminels potentiellement concernés par le renforcement de la loi. On va l'appeller Eric, un garçon très soigné, inquiet. C'est la première fois qu'il temoigne. Il ne voudrait pas que ça remette en question le fragile équilibre qu'il a batti depuis sa sortie de prison. Cet homme est ce qu'on appelle un criminel sexuel. Il a été condamné à 7 ans de réclusion par une cour d'assises pour avoir abusé de plusieurs de ses sœurs, à l'époque se son enfance et de son adolescence (interview). Eric explique que son enfance, c'était déjà une prison. Il dit qu'il a vécu enfermé dans une pièce avec ses trois soeurs. Alors finalement, la prison, la vraie, il l'a vécue comme un nouveau depart. Il a appris à faire des démarches administratives et (en insistant beaucoup), il a reussi à voir une psy, très régulièrement, une fois par semaine, pour repartir de zéro (interview). Sa vie aujourd'hui, c'est une formation, une amie et un poids à porter : son histoire, avec en plus cette étiquette de criminel sexuel qui pèse également son poids (interview). Comme tous les criminels sexuels, cet homme a des obligations. Il n'est pas interdit de territoire, il peut rencontrer ses soeurs, il n'est pas obligé de prendre des médicaments antilibido, comme le prévoit la nouvelle loi, mais il doit pointer tous les 6 mois au commissariat, ce qui lui donne le sentiment de ne jamais en sortir (interview). Il aura donc une bonne soixantaine d'années quand il sera définitivement débarrassé de son affaire qui remonte à l'époque où il était mineur. _____Un témoignage recueilli par Etienne Monin.

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