Illustration Ebola
Illustration Ebola © maxppp

Presque 5.200 morts au dernier recensement. Il s'agit du terrible bilan de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest.Aujourd’hui, c’est peut-être un tournant pour la Guinée, l’un des trois pays les plus touchés par Ebola. François Hollande avait promis il y a deux mois l’installation d’un centre de soins français à Macenta en Guinée forestière, au sud du pays. Ce centre ouvre ce lundi et accueille ce matin ses premiers malades.

Le centre est à des centaines de kilomètres de la capitale. Il faut imaginer une magnifique forêt tropicale et au beau milieu de cette forêt, Macenta, un bassin de population de 100 000 personnes et l’un des principaux foyers de l’épidémie.

Une énorme attente

Il a fallu expliquer aux habitants ce que la France allait faire ici. Il fallait les convaincre et désormais ils attendent beaucoup de ce centre. Le centre se trouve au bord d’une route. C’est un très gros chantier, il a fallu couler des dalles, monter 25 grandes tentes blanches, installer l’eau, l’électricité, construire une morgue et un incinérateur pour les déchets. Dès l’arrivée, il faut désinfecter les chaussures et les mains à l’eau de javel. Ensuite puis il y a tout un cheminement des patients pour trier les contaminés de ceux qui ne le sont finalement pas.

Au cœur du centre

Là où seront soignés les malades, par des personnels en tenue de protection, la tenue « de cosmonaute » comme on dit, l'odeur de chlore est très forte sous cette grande tente dépouillée, avec des lits de camp orange bien alignés.

On se trouve au milieu de l’horreur, raconte Djilali Abdel Yafour, le coordinateur eau hygiène et assainissement.

Une situation très dure puisuqe les personnels soignants s’attendent à 50% de morts. Il n’y a pas de traitement, de vaccin, on agit comme on peut sur les symptômes.

Le désespoir des soignants

Ils sont ici une centaine de personnels guinéens, une vingtaine de Français, membres de la Croix-Rouge, de l’institut Pasteur ou de la réserve de l’Eprus, les soignants volontaires venus de toute la France.

Et parmi eux la pharmacienne hygiéniste du groupe.

Il y a trois semaines, avec ses confrères elle se préparait dans un hangar du Val de Marne, l’ambiance était à la rigolade.

50 patients transférés

Depuis, elle a passé plusieurs jours dans un centre de soin de Médecins sans frontières, à quelques heures de là, pour s’acclimater. Et on sent vraiment que le poids d’Ebola lui est tombé sur les épaules.

Bientôt un traitement ? L’aspect mouroir, l’impuissance, elle va tenter de les oublier en se concentrant sur les jolis moments. Dès aujourd’hui, 50 patients devraient être transférés dans ce tout nouveau centre de Macenta. L’espoir, ce sont les chercheurs de l’Inserm qui l’apporteront peut-être. Ils devraient d’ici un mois y débuter des essais cliniques sur un possible traitement.

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