Les nanotechnologies, ces technologies du minuscule, représentent un marché de 50 milliards de dollars. Le problème, c'est qu'on risque de manquer d'ingénieurs « nano ». A Toulouse, un lycée a décidé de relever le défi en lançant une terminale dédiée aux nanotechnologies : la Terminale Scientifique Nano. C'est une première en Europe. Ce projet se passe au lycée St Sernin de Toulouse. 2 200 élèves, 53 classes, plutôt réputé pour ses classes littéraires mais avec des profs de maths, de physique et de sciences de la vie et de la terre plutôt dynamiques. Ce jour là, ce n'est pas un prof qui assure le cours de chimie de la terminale "NANO". C'est Christelle Martin, une « apprentie chercheuse. » (interview). Christelle est post doctorante dans un laboratoire du CNRS à Toulouse. 10 ans seulement la séparent des jeunes qu'elle a devant elle. Christelle est venue avec son ordinateur et des échantillons. Elle explique aux élèves comment on fabrique un nanomoule en polymère par lithographie électronique. Un "truc" pas facile en somme, même si elle s'appuie sur des notions du programme (interview). Et les élèves, aussi enthousiastes, comme Arnaud (interview). Être dans le concret, c'est évidemment le but de ces 20 heures d'enseignements distillées tout au long de l'année et de la journée complète que ces 33 élèves passeront au LAAS, le laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes. Redorer l'image des études scientifiques, lesquelles sont de plus en plus délaissées, rappelle Danielle Pons, professeur de physique chimie au lycée St Sernin (interview). Ces jeunes lycéens vont aussi aller dans des labos. Une journée au cours de laquelle ils devront réaliser une expérience : le fameux nano moule pour certains, un test de détection du virus du sida pour d'autres. Evidemment encadrés de chercheurs, de doctorants, de post doctorants. Ils vont découvrir que les nanotechnologies, ce n'est pas une vue de l'esprit. On fabrique déjà des produits nanos. Et c'est bien parce que le secteur est perçu comme un domaine porteur qu'il faut penser à former une génération d'ingénieurs et de chercheurs. Au CNRS à Toulouse, c'est l'une des préoccupations de Christophe Vieu, le chercheur qui porte ce projet au sein du laboratoire LAAS (interview). Et puis, ce n'est pas le moins intéressant : ce projet montre aux élèves que les disciplines scientifiques ne sont pas cloisonnées. Maths, physique, biologie, tout ça est utile dans les nanotechnologies. Il les bouscule aussi sur le plan éthique et philosophique. Car les nanos font débat dans la société, leur utilité, leur toxicité, les dangers qu'elles représentent. Ces questions, c'est avec leur prof de philo que les élèves de la terminale NANO les aborderont. Un dossier de Sophie Bécherel.

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