Douleur - seringue
Douleur - seringue © Mariano Ruiz

A l’heure où la Sécurité Sociale doit faire des économies, elle perdrait un million d’euros par jour en remboursant un médicament, alors qu’il en existe un autre qui lui ne coûterait pratiquement rien.

Il s’agit d’un médicament contre la DMLA, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, une maladie de l'œil qui peut rendre aveugle.

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La molécule qu’on utilise dans ce traitement, c’est le "Lucentis" du laboratoire Novartis, qui coute 827 euros l’injection alors que l'"Avastin", du laboratoire Roche ne coûte qu’une trentaine d’euros. Le problème, c’est que l'"Avastin" a été développée contre le cancer et n'est donc pas remboursée pour la DMLA, or selon certains spécialistes, c'est exactement la même chose.Résultat : entre 2009 et 2012, et même sans Autorisation de Mise sur le Marché, de nombreux hôpitaux ont utilisé l’Avastin pour traiter la DMLA.

En juillet 2012, la Direction Générale de la Santé a interdit cette pratique, mais des médecins ne se satisfont pas de cette interdiction parce qu’ils estiment que le laboratoire Roche a des arrières pensées et notamment financières. C'est ce que pense également l'association de consommateurs UFC Que Choisir.

Prudence du gouvernement

Mais si les deux molécules ont une efficacité comparable, le gouvernement reste prudent à cause du scandale du Mediator. Il ne veut pas d'un nouveau scandale.

Et c'est un parlementaire, Gérard Bapt, par ailleurs rapporteur du budget de la sécu, qui force aujourd’hui la main du ministère. Il a fait voter cet été un amendement qui pourrait ouvrir la voie au remboursement de l’Avastin. Le député socialiste estime que si l’affaire se règle, la Sécurité Sociale pourrait économiser chaque année 300 millions d’euros.

En attendant, si rien ne bouge, plusieurs professeurs annoncent qu’ils reprendront les injections d’Avastin, avec ou sans feu vert législatif.

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