Internet est aujourd'hui un espace incontournable pour les politiques. Obama y a joué et gagné une grosse partie de sa campagne. En France, tous les partis s'y mettent, avec plus ou moins de bonheur. 2012 se joue déjà sur le net. Tout évolue très vite mais en la matière, on sort tout juste des ténèbres. Dans cette obscurité, un phare Obama. Avec une centaine de geeks derrière des ordinateurs à Washington, le candidat démocrate a réussi à mobiliser des millions de gens qui, dans la vraie vie, sont allés convaincre pied à pied, portes à portes, les électeurs américains. En France, même si l'on peut ironiser sur le flop du lancement de son nouveau site avant-hier, c'est Ségolène Royal et ses « Désirs d'avenir » qui avaient le mieux compris ce qu'il y avait à tirer d'internet. Et c'est un cador du métier, Nicolas Vanbremeersch, blogueur politique influent qui le dit (interview). Transformer les organisations du parti, c'est l'idée de construire en numérique une nouvelle infrastructure du parti. On n'est plus dans un mode de fonctionnement pyramidal avec un directeur de campagne, un directeur de la com, des commissions qui donnent des consignes à relayer sur le terrain. Le site internet devient une boîte à outils de militants et un grand réseau social interconnecté avec les sympathisants et les citoyens. C'est sur ce modèle que le Parti socialiste doit lancer fin octobre, auprès de ses militants, la Coopole. Un secret industriel aussi bien gardé que le nouveau site de l'UMP, « Les créateurs de Possible », dont Xavier Bertrand a fait une petite démonstration à Seignosse (extrait). 500 000 euros c'est le prix qu'aurait coûté cette machine de guerre. Finalement, Royal et ses 40 000 c'est pas cher. Carrément donnés eux puisque gratuits : les réseaux sociaux type facebook ou twitter. Nathalie Kosciusko-Morizet secrétaire d'état au développement numérique prépare d'ailleurs en ce moment des modules de formation pour les parlementaires (interview). Benoît Hamon, le porte parole du PS, est une grande star de twitter, qui a tout compris à ce mode d'interpellation très directe (interview). Ségolène Royal a envoyé hier une bonne vieille news letter à ses soutiens : « J’assume mes erreurs ». A la vitesse à laquelle fonce Internet, elle a le temps de se refaire. 2009, ce sera le néolithique dans le rétroviseur de 2012. _____ Un reportage de Laurence Peuron.

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