La Reine Elizabeth II, qui est pouvoir depuis 1952, fête cette semaine son 80ème anniversaire. Outre-Manche, de nombreuses cérémonies sont prévues à partir de demain pour ces 80 bougies. Et cet anniversaire intervient alors que la monarchie britannique retrouve des couleurs, après plusieurs années difficiles. C’est comme le roseau de la fable. Il plie mais ne rompt pas. Et à 80 ans, la Reine, bon pied bon œil, paraît en pleine forme. Emblème d’une monarchie qui survit contre vents et marées. Le Comte Nikolaï Tolstoï est fier de sa souveraine (interview). Le sens du devoir. C’est ce que même ses détracteurs reconnaissent à Elizabeth II. Le document d’archive qui suit, est révélateur. Il date de 1947. Elizabeth n’a alors que 21 ans, elle n’est pas encore sur le trône. Mais déjà, elle se sent investie d’une « mission » (sonore). La Reine s’est toujours voulue discrète. Discrète mais imperturbable. Celle qui a connu 10 Premiers ministres, a aussi traversé sans ciller les années « horribilis » comme elle les a appelés elle-même. De 1992 à 2003, divorces, décès et scandales en série ont frappé la famille royale. Mais Elizabeth II, elle, a tenu son cap. Et aujourd’hui, la monarchie semble à nouveau avoir le vent dans le dos. Théodore Zeldin est historien à Oxford (interview). L’intelligence de la famille Windsor, c’est aussi d’avoir su s’adapter à l’ère de l’image, de la communication, de la presse « people ». Dans la presse populaire anglaise, la famille royale n’a qu’un seul rival à sa mesure, le footballeur David Beckham, et encore. Simon Walker est l’ancien responsable de la communication de la Reine (interview). L’image de la Reine est donc intacte. Mais le jour où Elizabeth II disparaîtra, la monarchie britannique peut-elle disparaître avec elle ? C’est le pari du mouvement républicain britannique. Ce mouvement n’a pas réussi à profiter des soucis de la famille royale dans les années 90. Mais à la mort de la Reine, cela pourrait changer. C’est la prédiction de Graham Smith, porte-parole de l’association « Republic » (interview). Pourtant, ce pari des « républicains » est loin d’être gagné. Car même le prince Charles voit son image évoluer. L’opinion publique anglaise s’habitue progressivement à l’idée d’un « roi Charles ». En particulier depuis ses secondes noces, plutôt réussies, il y a tout juste un an, avec Camilla. David Starkey est historien (interview). Dans leur grande majorité, les Britanniques restent donc fondamentalement attachés à la Couronne. C’est pour eux un symbole de stabilité. Et aussi un objet de fascination. C’est la conclusion de Théodore Zeldin (interview). Un dossier de Jean Marc Four, en direct de Londres en Grande-Bretagne.

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