En fin de semaine dernière, s'est tenu à Bamako au Mali, le comité franco malien sur l'immigration. Un constat, relayé par les 2 pays : l'aide au développement doit passer à la vitesse supérieure. Après le tollé suscité en Afrique par le concept d'"immigration choisie" de Nicolas Sarkozy, le développement permet, de l'aveu même de la délégation malienne, une immigration accompagnée et concertée. La première phase, c'est le financement de micro projet. Quand un migrant rentre au pays, seulement si c'est un retour volontaire, il peut demander de l'aide pour créer une petite entreprise dans sa région d'origine. Quand le projet est accepté, jugé viable, des crédits sont débloqués, entre 4 et 7 mille euros selon l'importance de la structure. Mari le Houx est responsable à Bamako de l'ANAEM, l'agence nationale de l'accueil des étrangers de l'immigration (interview). Est-ce que ces micro projets touchent beaucoup de migrants ? 150 projets par an au Mali, contre 350 expulsions toujours sur une année. Donc c'est encore minoritaire. Mais chacun a ses explications. La jeunesse du projet, le déficit d'informations et la peur des migrants de se manifester auprès des administrations, pour obtenir les informations nécessaires. Olivier Kaba est chef du projet Co développement à Bamako (interview). Pour être précis, le financement de 432 micro projets a créé 1200 emplois. La deuxième phase de cette politique de co développement est destinée aux migrants installés en France pour qu'ils investissent dans leur région d'origine. Il y a en France 45 000 Maliens en situation régulière. Autant, si ce n'est plus, qui sont sans papiers. C'est la communauté africaine la plus importante. Donc potentiellement, c'est un apport non négligeagle. Mais difficile à concrétiser. Notamment à cause du coût important des transferts d'argent. Les transactions se font souvent hors des circuits officiels. Hamidou Bathili est chargé de ces questions là au ministère malien de l'économie et des finances (interview). Alors comment faire pour rendre ces transferts d'argent plus clairs et plus directs ? L'idée c'est de réduire le coût de ces transactions et donc de favoriser la concurrence. Pour un transfert de 300 euros, les frais s'élèvent à 30 euros, chez la WESTERN UNION, qui détient le quasi monopole dans le secteur. Très prochainement, un site qui compare les prix devrait être créé. Dans le même esprit, la création prochaine d'un compte épargne Développement - un système de déductions fiscales pour les migrants qui investissent dans des projets productifs dans leur pays d'origine. Pour Brigitte Girardin, la ministre déléguée à la coopération et au développement, l'immigration doit être abordée de manière globale (interview). Que dit le pouvoir malien ? Il dit OUI à toutes ces initiatives. En revanche, les feux allumés par la loi sur "l'immigration choisie" ne sont toujours pas éteints là-bas. Oumar Dicko est le ministre des maliens de l'Extérieur (interview). Immigration accompagnée, pour Bamako. Mutuellement bénéfique pour Paris. Depuis les conférences euro africaines de Tripoli et Rabat, la nécessité de promouvoir le développement ne fait plus débat. Aujourd'hui d'ailleurs à Paris, s'ouvre le forum des acteurs du co-développement - ça va du pouvoir politique, aux ONG en passant par le monde de l'entreprise. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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