Il y a tout juste 5 ans, le centre d’accueil des réfugiés de Sangatte, dans le Pas-de-Calais, fermait définitivement. Mais la France reste l'une des zones principales de transit pour les migrants irakiens, iraniens et afghans. Paris est souvent une première étape avant Calais et l'Angleterre. L'association « France Terre d'Asile » s'occupe tout particulièrement des jeunes migrants, ceux qui ont entre 15 et 20 ans. 20 heures, place du Colonel Fabien, 19ème arrondissement de Paris. Après la soupe populaire, des dizaines de sans papiers afghans attendent les bus de la RATP qui doivent les emmener dans les abris de nuit. Pas de places pour tout le monde. Alors quand l'équipe de "France Terre d'Asile" arrive, avec la jeune interprète Leila qui parle le farsi, c'est la bousculade. Il faut dire qu'avoir moins de 18 ans, c'est bien souvent synonyme d'un lit au chaud (interview). "Recruter" les mineurs comme ils disent à l'association, pas toujours évident, mais d'autant plus important que les mineurs ne peuvent pas être en irrégularité de séjour : on peut les loger et les scolariser avec l'Aide sociale à l'enfance. Plus difficile, c'est vrai d'obtenir le statut de réfugié. La procédure, longue et compliquée, décourage : depuis le début de l'année, "France Terre d'Asile" a ainsi recueilli près de 500 jeunes afghans sur Paris, seulement une quinzaine a accepté de rester. Pour les autres, des horizons différents : l'Angleterre, la Belgique ou encore les pays nordiques. Les jeunes sont plus influençables, filon juteux pour les passeurs qui vont les emmener le plus loin possible. Il y a aussi le manque d'information. Ici en France, les mineurs ne savent pas qu'ils ont des droits et rêvent d'ailleurs. Le témoignage de Ramazane, 15 ans (interview). Et ils sont nombreux à vivre ça : on ne peut pas les expulser, (l'Afghanistan est un pays en guerre), on ne les laisse pas passer les frontières, et ce n'est pas pour autant qu'on délivre facilement les précieux papiers pour les intégrer à la société française. Parcours du combattant pour ceux qui s'accrochent : Ermad, une petite vingtaine d'années, ancien interprète en Afghanistan pour les forces françaises, en sait quelque chose (interview). Une situation qui s'aggrave selon Dominique Bordin, éducateur à « France Terre d'Asile ». Après la place du Colonel Fabien ce soir-là, il a repris le volant, direction les parcs de Paris. Il doit encore distribuer des couvertures aux jeunes afghans qui passent la nuit dehors (interview). Alors, la France, plutôt terre de transit que terre d'asile, répond Pierre Henry, le directeur de l'association (interview). Quelques chiffres pour terminer. Le taux de reconnaissance du statut de réfugié en France est l'un des plus hauts d'Europe : 30% avec l'an dernier 40.000 demandes d'asile, mais très peu d'afghans - politique dissuasive et manque d'accueil. Résultat pour les Afghans : une centaine de demandes seulement l'an dernier. Un reportage d'Hélène Roussel.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.