L'opérateur vote mardi le contrat d'entreprise qui le lie à l'État pour les cinq années à venir. Face à la chute du courrier, son métier historique, l'entreprise est en pleine mutation, et se transforme au profit de nouveaux services : reportage à Piriac-sur-mer, station balnéaire de la côte Atlantique.

Selon son projet de contrat d'entreprises, la Poste accuse une baisse de fréquentation de ses bureaux de 5 à 6% par an en moyenne
Selon son projet de contrat d'entreprises, la Poste accuse une baisse de fréquentation de ses bureaux de 5 à 6% par an en moyenne © AFP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Face à la chute du courrier, son métier historique, et à la chute du volume de courrier ( -18 % en quatre ans) l'entreprise est en pleine mutation : elle pousse l'activité bancaire, et s'oriente vers de nouveaux services. Piriac-sur-mer, sur la côté Atlantique, à quelques kilomètres de Guérande, compte 2 000 habitants l'hiver, 20 000 l'été : une vraie station balnéaire, et un bureau de poste dont les horaires d'ouverture ne cessent de se réduire. Depuis le mois de septembre, le bureau n'ouvre d'ailleurs plus que le matin, et ferme ses portes à midi et demi, même si la population se mobilise contre ses changements d'horaires. Cette mobilisation, d'ailleurs, ne date pas d'hier puisque l'ancien maire, Pierre Louis Delhumeau était allé jusqu'à s'enfermer dans le local, écharpe autour du cou, pour faire reculer la Poste il y a quatre ans.

Des bureaux de poste plus rentables?  

Activité, courrier, courrier, fréquentation : dans de nombreux domaines, la Poste doit se réinventer. Dans le projet de contrat d'entreprise que nous avons pu consulter, le groupe évoque une baisse de fréquentation des bureaux de 5 à 6% par an en moyenne, ce qui ne suffit pas à convaincre les syndicats.

Se diversifier ou mourir

La Poste doit maintenir 17. 000 points de contact sur l'ensemble du territoire : c'est son contrat de présence postal, et c'est une obligation. Mais un point de contact, ce n'est pas forcément un bureau de poste, ça peut être un guichet dans une mairie ou chez un commerçant. Et ce n'est pas le meilleur moyen de vendre ses produits, brocarde la CGT .

La Poste entend pourtant intensifier ses partenariats extérieurs. Le contrat état-entreprise que nous avons consulté évoque d'ailleurs des expérimentations dans les offices de tourisme, et dans les gares. Dans les campagnes, les facteur-guichetiers se développent en tournée le matin, au bureau l'après-midi. Ainsi que les maisons de service au public, ou le postier guide aussi l'usager dans ses démarches auprès de Pôle emploi, de l'Assurance maladie : il en existe déjà 500.

L'important c'est d'avoir de nombreux formats pour répondre à l'évolution des besoins (Nicolas Routier, directeur de la stratégie du groupe)

La Poste va donc jouer la carte des relais dans les offices de tourismes, des gares, en plus des supérettes, car cette stratégie est aussi valable dans les grandes villes : à Paris, 28 bureaux de poste ont ainsi fermé en l'espace de deux ans.

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