A Strasbourg, la cour européenne des droits de l'homme vient de fêter ses 50 ans. Et pour la première fois aujourd'hui, les représentants des 47 pays membres du conseil de l'Europe vont se retrouver en Suisse à Interlaken pour discuter de son avenir. La cour est en effet victime de son succès. Les droits de l'homme, les grandes questions de société comme le droit des étrangers, l'accouchement sous X ou encore récemment la garde à vue. Voilà le travail quotidien des 47 juges de la cour épaulés par des équipes de juristes, tous de fines lames. Ils sont le dernier recours des 800 millions de citoyens des pays signataires, une fois toutes les voies judiciaires nationales épuisées. Qui n'a pas entendu un avocat affirmer qu'il irait à Strasbourg pour faire valoir la cause de son client !!!! même si cela va prendre des années. 1500 lettres arrivent chaque jour à la cour. C'est ensuite aux différentes sections de les traiter. Visite avec Pascal Dournod Josette, qui dirige la section Monaco, France et Ukraine (interview). Sur toutes ces missives, 90% sont irrecevables. Les autres sont souvent complexes à gérer analyse Pascal Dournod Josette, d'autant que certains pays sont " de plus mauvais élèves que d'autres " (interview). L'Ukraine a maintenant un an pour régler son problème. Autre solution à venir pour réduire les délais : le protocole 14, il permettrait, explique la juge de Monaco Isabelle Berot Levefre, de réduire le nombre de juges décisionnaires (interview). Mieux informer, donner plus de moyens, la liste est encore longue pour inverser cette courbe exponentielle de requêtes. Elle sera au coeur de la conférence d'Interlaken. Aux Etats maintenant, pour le président de la cour, Jean-Paul Costa, d'affirmer leur volonté politique (interview). En politique comme ailleurs, le nerf de la guerre, c'est l'argent. La cour ne dispose en effet que d'un budget de 59 millions d'euros, soit un peu plus de la moitié du budget de l'Elysée. _____Un reportage de Nathalie Hernandez.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.