Un sommet décisif pour l’avenir de l’Europe se tient jeudi et vendredi à Bruxelles avec au menu, la crise des réfugiés et le Brexit. David Cameron espère finaliser un accord pour une réforme de l’UE avant un référendum qui devrait avoir lieu en juin.

Au Royaume-Uni, la campagne a déjà commencé. Exemple à Olney, un village des Midlands, près de Milton Keynes, à une centaine de kilomètres au nord de Londres où sur la place du marché, une demi-douzaine d’eurosceptiques sont en campagne.

Pin’s, t-shirts « quitter l’UE »

Ils arborent la tenue du Brexit : pin’s, t-shirts « quitter l’UE ». Les militants distribuent des tracts. La date du référendum n’est pas encore fixée, sans doute le 23 juin, mais la campagne vit ici ses premiers échanges. Tracy, une quinquagénaire énergique, tente de convaincre une indécise : « Vous ne pensez pas qu’on donne à l’UE plus que ce qu’on en retire ? » . « Oui c’est sûr, et je n’aime pas qu’ils nous dictent leurs règles. Mais il y a aussi l’industrie, ce genre de choses. Il faut voir l’impact économique. Je suis en pleine réflexion. »

Les Britanniques sont partagés

D’après les sondages, les Britanniques sont partagés, mais les partisans d’une sortie de l’UE sont de plus en plus nombreux. En tout cas, pour beaucoup, peu importe l’accord qu’espère obtenir David Cameron à Bruxelles. Les eurosceptiques, en particulier, n’en attendent rien.

"Il a demandé presque rien et il a obtenu encore moins"

George Harlock, responsable local de l’organisation « Leave.eu », l’un des deux groupes de campagne pro-Brexit, s’esclaffe quand on lui demande ce qu’il pense de la renégociation de son Premier ministre : « Quelle renégociation ? Il a demandé presque rien et il a obtenu encore moins. Quand on revient avec 25% du quart d’un tout petit peu, c’est une blague ! En plus il trompe le Parlement. Il affirme que cet accord sera légalement contraignant, mais c’est faux, car il n’y aura rien dans les traités. Donc même le peu qu’il obtient ne sert à rien. C’est une arnaque. »

David Cameron demande notamment à l’UE des réformes pour protéger les pays hors zone euro, et un moyen de réduire les aides sociales pour limiter l’immigration. Mais on l’entend, même en cas d’accord, les eurosceptiques lui réserveront un accueil glacial à Londres. Ils dénoncent en vrac l’immigration galopante, le coût inutile de l’UE, mais l’argument qui revient le plus souvent, c’est la souveraineté.

Nigel Birrell fait campagne au sein de « Vote Leave », l’autre groupe de campagne anti-UE :

J’en ai marre que des gens pour qui je ne vote pas me dictent ce que je dois faire. Ce n’est pas juste. J’ai l’impression qu’on me confisque mon pays. On a voté en 1975 pour un accord commercial. On se disait alors “quelle bonne idée ! On va faire du commerce avec nos partenaires, ce sera très bien”, et en 40 ans, pas à pas, jour après jour, ils se sont emparés du pouvoir, en catimini.

Dans l’ensemble, ces militants pro-Brexit mettent d’ores et déjà beaucoup d’énergie dans la campagne. Dans cette région du centre de l’Angleterre, ils prêchent souvent des convertis. On croise ici très peu de défenseurs de l’UE.

La campagne des europhiles est pour le moment très discrète au Royaume-Uni. Les partisans du maintien dans l’UE attendent logiquement que David Cameron et les états-majors des partis fassent officiellement campagne à leur côté, peut-être dès demain si tout se passe bien à Bruxelles.

Grande-Bretagne plus sûre, plus forte et plus riche au sein de l’UE

Mais James McGrory, le porte-parole de la campagne anti-Brexit « Britain Stronger in Europe », admet que ses adversaires font souvent preuve de plus de passion : « Je pense qu’il y a des personnes, côté eurosceptique, qui ont passé leur vie à souhaiter un référendum et ils l’ont obtenu. Je leur dirais qu’il ne suffit pas de souhaiter quelque chose. Ils doivent montrer au peuple britannique qu’ils ont un argumentaire crédible en cas de sortie de l’Union européenne. Pour le moment ils ne proposent aucun modèle. Deviendrait-on la Norvège ? La Suisse ? Je suis confiant que le meilleur argumentaire est de notre côté. La Grande-Bretagne est plus sûre, plus forte et plus riche au sein de l’Union européenne. »

C’est là une des clés du référendum à venir. Les europhiles mettent bien plus en avant les risques d’une sortie que les avantages du maintien dans l’UE.

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