Est-il possible de nourrir la planète sans tuer la vie ? La vie des insectes, de la faune et de la flore ? Alors que la France vient d'adopter une "Stratégie Nationale pour la biodiversité" qu'en est-il du dossier de l'agriculture ? D'abord un préambule : les agriculteurs ont relevé un immense défi au lendemain de la deuxième guerre mondiale : nourrir la France, grâce à la chimie, les engrais, les pesticides et à la mécanisation de l'agriculture. Mais le tracteur et la moissonneuse batteuse aiment les grands espaces. On a donc remembré, coupé les haies. Première cause de disparition de la diversité biologique d'après François Moutou, vétérinaire et Président de la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (interview). C'est massacre à la moissonneuse bateuse ! Auquel s'ajoute la chimie de protection des plantes. Protection contre les insectes ravageurs. Les apiculteurs accusent les insecticides de tuer les abeilles domestiques. Accusation rejetée par les industriels qui affirment que les produits sont testés avant d'être homologués. En tout cas, l'abeille domestique ne va pas bien. 20 à 40% de mortalité dans les ruches selon les régions. Et cette abeille là est un témoin. Car on compte un millier d'espèces d'insectes pollennisateurs en France. Sans eux, nos menus risquent d'être un peu fades. Bernard Vaissière travaille à l'institut national de recherche agronomique (interview). Les agriculteurs ont besoin des abeilles pour produire. Ils ont tout intérêt à les protéger ! En 1993, certains se sont regroupés dans un forum : le forum de l'agriculture raisonnée et respectueuse de l'environnement. On doit à la vérité de dire que ce forum était à 80% financé par l'industrie chimique. Pour redorer son blason ? Sans doute. Aujourd'hui, elle supporte 30% du budget. 400 fermes sont labellisées agriculture raisonnée. Sur 450 000 exploitations, la mobilisation est donc encore timide. Mais il s'agit de montrer l'exemple. Alors qu'est ce qu'un agriculteur raisonné? Réponse avec Bernard Guidez, le président du Forum (interview). Ces nouvelles pratiques ont-elles eu un impact sur l'utilisation des pesticides ? En tout cas, la France consommait 120 000 tonnes de pesticides en l'an 2000. Nous sommes tombés à 75 000 tonnes en 2004. Mais c'est encore trop pour les apiculteurs. Ils ont d'ailleurs lancé une campagne hier pour implanter des ruches dans les villes où les abeilles sont en meilleure santé qu'à la campagne. Ils veulent sensibiliser les citadins : en installant des ruches sur les toits, les terrasses ou dans les jardins et en partenariat avec les collectivités locales. Un dossier de Nathalie Fontrel, journaliste spécialisée sur les questions d'environnement à France Inter.

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