Un reportage signé Olivier Boy Evidemment, on a en tête l’affaire Renault, trois cadres sont soupçonnés d’avoir donné des informations stratégiques à des concurrents sur les voitures électriques que la marque prépare. On parle déjà de comptes à l'étranger, de filière internationale qui aurait espionné le constructeur français... Tout cela fait un peu scénario de film mais il se trouve que cela correspond à une réalité d'aujourd'hui. Effectivement, ça existe, écoutez par exemple cet homme Jean-Emmanuel Derny, il est détective privé je l'ai rencontré "sur son lieu de travail" du moment. Interview de Jean-Emmanuel Derny Vous avez donc compris : le mécanisme dans cette histoire, une entreprise a des doutes sur un de ses dirigeants et a demandé à ce détective d'enquêter, c'est ce qui ce serait passé pour Renault. Là, on est vraiment dans l'espionnage industriel illégal en l'occurrence, mais la notion est un peu floue, si vous voulez il y a un autre mot plus respectable : "l'intelligence économique". Il y a des entreprises spécialisées qui ont des clients qui veulent s'implanter sur un marché à l'étranger et qui veulent le maximum d'infos sur les concurrents. Et l'on connait ces histoires de fausses visites d'entreprise ou de faux entretiens d'embauche avec un salarié de la concurrence, qui peut au passage essayer de se faire bien voir en donnant quelques informations stratégiques. Certains vont même jusqu’à faire suivre un commercial dans le train. Géos est une entreprise spécialisée dans l'intelligence économique. Bernard Lage en est le gérant. C'est un ancien policier -assez courant dans ce métier-, et il assure qu'il ne fait pas ce genre de choses, mais certains de ses concurrents pourquoi pas et pour une raison, d'ailleurs, assez simple. Interview de Bernard Lage Est-ce que les entreprises sont protégées face à ces pratiques ? Cela dépend : certaines le sont, conscientes de l'ampleur des enjeux. Par exemple, le groupe Sorin, spécialisé dans les maladies cardio-vasculaires en France. Ils sont leaders sur le marché du pacemaker. Le dernier qu'ils ont commercialisé, ils ont mis 7 ans à l'élaborer. Avec des dizaines de millions d'euros investis en recherche et développement, ils sont obligés de se protéger. Évidemment le système informatique et les laboratoires sont surveillés, mais ils disent à leurs équipes de faire attention dans les transports. Le patron André-Michel Ballestère le reconnaît et lui se souvient d'une des premières décisions qu'il a prise quand il est arrivé il y a 3 ans. Interview d'André-Michel Ballestère Vous l'entendez, la France n'est pas vraiment en pointe sur ce dossier. Ne serait-ce que du point de vu législatif ,le Gouvernement le reconnaît et travaille à une loi pour préciser ce qu'est le délit d'espionnage industriel. Mieux vaut tard que jamais, c'est ce que dit Bernard Carayon député UMP du Tarn. Lui espère que l'affaire Renault va faire bouger les choses, car cela fait des années qu'il s'entend dire qu’il est paranoïaque avec ses histoires d'espions, lui il voudrait plutôt un peu moins de naïveté. Interview de Bernard Carayon Voilà donc les méchants Américains et les méchants Chinois qui nous piqueraient nos technologies… Enfin, sachez quand même, qu'en la matière, visiblement, on n'est pas manchot non plus. C’est ce qu’on a pu lire dans une note confidentielle de Wikileaks il y a une quinzaine de jours. Un patron allemand estimait même que la France était championne du monde du vol des technologies.

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