Frédéric Carbonne s'est rendu dans le Michigan, Etat du Midwest américain, à la rencontre des électeurs de Trump qui expliquent leur vote. Cet Etat pro-Obama a voté Trump en 2016

Le Michigan a voté à une très courte majorité pour Trump
Le Michigan a voté à une très courte majorité pour Trump © Reuters / Carlo Allegri

Le Michigan avait voté Obama à plus de 53% en 2012, face au républicain Mitt Romney.
En 2016, avec 0,3 points d'avance ( 47,3% pour Trump contre 47% pour Clinton), Trump a remporté les 16 voix des grands électeurs et a remporté l'Etat.

A Warren, sur une une terre où l’on travaille dans l’automobile de père en fils, dans un comté que Barack Obama a remporté à deux reprises et qui pourtant, le 8 novembre dernier, a voté Trump.

Warren, Michigan
Warren, Michigan © Radio France / Frédéric Carbonne

Chris Vitale fait partie de ces électeurs qui ont basculé, convaincus avant tout par le message protectionniste de Trump

Quelles étaient les priorités des démocrates ? Par exemple : comment un homme qui se sent femme peut utiliser les toilettes des femmes? Je n'ai pas d'opinion sur ce sujet mais je peux vous dire que cela ne vous nourrit pas, ne donne pas accès à l'université pour vos enfants, et ne leur procure pas d'appareils dentaires. C'est pour cela que Donald Trump a eu autant d'écho. Chris Vitale, électeur d'Obama qui a voté Trump

Donald Trump a très vite après son élection stigmatisé les constructeurs automobile. Ford s'est vu reprocher ses investissements au Mexique.

Traduction : la semaine dernière, Ford a dit qu'il s'agrandirait dans le Michigan et aux USA plutôt que de construire une usine d'un milliard de dollars au mexique. merci Ford et Fiat!

Trump a exagéré son rôle dans la décision de Ford. Mais peu importe, les électeurs veulent y croire. Devant l’usine Ford de Flat Rock l’heure est à l’optimisme. L’entreprise vient d’annoncer 700 millions d’investissement et la création de 700 emplois.

Cela fait du bien au moral de savoir que l'avenir de l'usine est assuré. Moi, je vais bientôt être à la retraite et je sais que ma pension est garantie. C'est vraiment très bien. On s'inquiétait parce que cela tournait au ralenti et qu'il y avait des rumeurs de fermeture. Maintenant l'avenir s'est éclairci. Dave Millar, employé chez Ford depuis 30 ans

Certains électeurs, eux, ont misé sur Trump contre toute attente et espèrent qu'il tiendra ses promesses de campagne, et fera de son slogan "Make America great again" (rendre sa grandeur à l'Amérique) une réalité : jobs, jobs, jobs comme le martèle Donald Trump. Ici, les polémiques sur la Russie ont peu d’écho et les syndicats traditionnellement proches des démocrates sont bien embarrassés.

Comme il l'a dit, il faut rendre à l'Amérique sa grandeur. Je m'inquiète pour les travailleurs, pour mes enfants. Je croise les doigts, j'espère vraiment que si vous revenez me voir je vous dirai que c'était le type qu'il nous fallait. Brian Clandeman, responsable syndical

Hamtramck dans la banlieue de Detroit. Ici, la communauté musulmane est importante, forte immigration venue notamment du Yémen ou du Bangladesh comme Annan Miah. Il est élu du conseil municipal, il a douloureusement vécu les amalgames avec le terrorisme de la campagne électorale et il invite Donald Trump à venir voir par lui\-même
Hamtramck dans la banlieue de Detroit (Michigan), avec une forte communauté musulmane
Hamtramck dans la banlieue de Detroit (Michigan), avec une forte communauté musulmane © Radio France / Frédéric Carbonne

A Hamtramck, une ville très diverse on a voté à 90% pour Hillary Clinton le 8 novembre dernier. Certains électeurs sont aussi des salariés de l’automobile, mais leur priorité c’est le respect des valeurs d’ouverture de l’Amérique.

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