La victoire des zadistes à NDDL sera-t-elle suivi d'expulsions par les forces de l'ordre ? Dans quelles conditions juridiques les occupants de la Zone à défendre peuvent-ils être délogés, comme le souhaitent le Premier ministre et ou encore, par ses menaces très claires, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb ?

À la "Vache rit", les zadistes se sont regroupés mercredi après l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
À la "Vache rit", les zadistes se sont regroupés mercredi après l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. © Radio France / Sandy Dauphin

Depuis 13h30 ce mercredi, on n'est plus dans le scénario d'une intervention sans précédent des gendarmes mobiles en France pour déloger les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, puis de sécuriser un chantier d'aéroport durant plusieurs années. 

Mais il reste encore un possible usage de la force dans les prochains jours puis au printemps prochain.

Que va t-il se passer maintenant dans le bocage de  Notre-Dame-des-Landes ? Première étape, cette route départementale 281 qui traverse sur une vingtaine de kilomètres cette ZAD pour reprendre l'expression des opposants à la construction d’un nouvel aéroport, cette zone à défendre qu'ils ont érigé il y a plus de 5 ans maintenant, 

La D281 doit être dégagée et pas seulement les chicanes actuelles. Ce sont toutes les installations aux abords qui permettent de bloquer le passage très rapidement. En cas de confrontation avec les gendarmes , on l'a compris, avec les déclarations du premier ministre mercredi. 

Le grand ménage

Le gouvernement laisse quelques jours aux zadistes pour faire le grand ménage, plusieurs collectifs s’y sont engagés. 

Ensuite , le gouvernement laisse aux zadistes jusqu’au printemps prochain pour quitter les lieux, une mesure d’apaisement selon Gérard Collomb, même si le gouvernement n'avait en réalité pas tout à fait le choix comme l'a expliqué le ministre de l'Intérieur au micro de Sophie Parmentier. 

Pour Frédéric de Louette, le président de l'association Gend 21, la principale association de gendarme en France, le scénario choisi hier par le gouvernement n’écarte donc pas totalement le risque d’affrontements dans quelques mois. L'ancien patron de l'école nationale de la gendarmerie mobile à Saint-Astier en Dordogne, rappelle lui qu’il  y aura de toute façon un volet judiciaire avant toute éventuelle intervention par la force.

Jusque-là, c'est le groupe Vinci pour le compte de l'Etat qui était chargé de réclamer auprès des juges, l'expulsion des agriculteurs réfractaires ou des néo agriculteurs squatteurs. Avec l'abandon de l'aéroport, l'Etat redevient directement propriétaire gestionnaire du bocage de Notre Dame Des Landes, 1600 hectares au total et en cas de mesure d’expulsion, il y aura à nouveau des recours prévient Erwan le Moigne, avocat installé à saint Nazaire.

Il défend depuis 10 ans la plupart des agriculteurs irréductibles et quelques zadistes. Erwan le Moigne et plusieurs de ses confrères engagés par les collectifs anti-aéroport à Notre dame des landes se préparent donc à d'éventuels combats juridiques pour empêcher des expulsions. Mais ils travaillent surtout sur un projet où l'état déléguerait la gestion du bocage de Notre-Dame-des-Landes à une structure citoyenne juridiquement inspirée de celle du plateau du Larzac.

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