Le tribunal correctionnel de Paris juge en ce moment les frères Hornec, parrains présumés de la région parisienne. Ils auraient tenté d'acheter plus de 100kg de cocaïne à des Colombiens, en association avec des Britanniques. Coup ponctuel ou nouvelle stratégie, les alliances internationales apparaissent dans plusieurs enquêtes sur les trafics de cocaïne. Et il y a d’abord les Colombiens, les vendeurs. C'est assez récent. Depuis quelques années, ils se sont tournés vers le marché européen. C'est la conséquence de la situation en Amérique du nord - le marché est saturé. Les puissants cartels colombiens ont pris en main l'approvisionnement. Les Colombiens ont donc pris pied sur le marché européen, qui absorbe, d'après les services de police, 1/4 des 1000 tonnes de cocaïne produites chaque année en Amérique latine. La porte d'entrée en Europe, c'est l'Espagne, terre d'acceuil, malgré elle, des anciens cartels colombiens, dit Alain Labrousse. C’est un ancien responsable de l'observatoire géopolique des drogues (interview). Les alliances se font presque naturellement, dit un bon connaisseur de l'Espagne. Sur la Costa Del Sol, le millieu internationnal se cotoie. L'endroit a la réputation d'être un point de chute pour anciens braqueurs, pour ceux qui sont en cavale, et pour les autres. L'Espagne facilite les associations. Quelques enquêtes ont permis de trouver des liens entre Français, Britanniques et Italiens pour l'achat de cocaïne. Certaines mafias peuvent même être impliquées. Jean-Michel Colombani est patron de l'OCRTIS, le service de police judiciaire qui lutte à l'échelle nationale et internationale contre le trafic de drogue (interview). Autre phénomène lié à la présence des Colombiens : les filières du cannabis servent aussi maintenant à importer de la cocaïne. Les trafiquants des banlieues se sont diversifiés. D'après la police, ils ont fait leur entrée sur le marché de la cocaïne (interview). D'après l'OCRTIS, le kilo de cocaïne se vend 30 000 euros en France. Au détail, le gramme est à 60 euros. L'Afrique de l'ouest sert de base arrière pour stoquer la cocaïne sud-américaine. L'an passé, les saisies en France ont augmenté d'un quart, ce qui fait penser qu'il y en a de plus en plus. Une enquête d’Etienne Monin.

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