Hier, le tribunal de grande instance de Dijon a rejeté la requête de Chantal Sébire. Cette femme de 52 ans est, depuis 8 ans, atteinte d’une tumeur qui la défigure. Elle avait formulé une demande de suicide assisté pour abrégrer ses souffrances. L'affaire fait débat, suscite des réactions controversées, mais la population de Plombières, où vit Chantal Sébire, soutient son combat. Plombières, banlieue de Dijon, une cité d'un peu plus de 3000 habitants où Chantal Sébire s'est installée avec ses 3 enfants il y a environ un an, au sein d'un quartier résidentiel. Ses proches n’ont autorisé que deux médias, deux télés, à pénétrer dans l'enceinte familale. Nos confrères de France 3 ont pu recueillir les impressions de l’ancienne institutrice, suite à l’ordonnance rendue par le tribunal de Dijon (interview Chantal Sébire). Chantal Sébire a reçu la visite de son médecin traitant, Emmanuel Debost, qui a récupéré son dossier médical - dossier qu'il adressera demain au collège de spécialistes parisiens qui doivent juger de l'état de la femme (interview médecin). L'euthanasie active est, en France, impossible légalement. Contrairement (par exemple) aux Pays-Bas et à la Belgique. Récemment aussi, le Luxembourg a autorisé, sous conditions, l'euthanasie active, c’est-à-dire la possibilité pour le médecin d'injecter la substance létale. Me Antonowicz, l'avocat de Chantal Sébire, dénonce l'hypocrisie de la loi française (interview avocat). La situation de Chantal Sébire se serait de nouveau fragilisée. Elle serait difficilement transportable selon ses proches, ce qui pourrait remettre en cause le projet qu'elle avait évoqué en cas de refus de la justice française : se rendre en Suisse pour une assistance au suicide. Le cas de cette femme a beaucoup ému. A défaut d'un comité de soutien formellement constitué, les habitants de Plombières se sont mobilisés à leur manière. Spontanément, de nombreuses personnes ont adressé une lettre au Président de la République pour l'alerter sur le manque de pertinence de l'actuelle législation. Laure, auxiliaire de vie, résume le sentiment général (interview). Le cœur, la Compassion. Cela revient souvent auprès des personnes rencontrées, comme Maryline, une voisine de Chantal Sébire, qui habite l'immeuble juste en face. Elle ne la connait pas personnellement, mais se dit tout aussi impliquée, concernée (interview). Un reportage de Nour-Eddine Zidane, en direct de Dijon.

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