C’est en Alsace que l’UMP a réalisé son meilleur score national dimanche dernier : presque 35% pour la « majorité alsacienne » de Philippe Richert, 16 points d’écart avec le PS. Et pourtant, la triangulaire avec le FN de Patrick Binder et la liste commune PS/Europe Ecologie de Jacques Bigot s’annonce très serrée. Car en termes de voix, l’écart avec le duo PS/Europe Ecologie a fondu depuis les régionales. Il est passé de 45.000 à 2000 voix. Des raisons d’y croire donc pour la gauche. Depuis 1945, elle n’a jamais été majoritaire sur la région. L’Alsace qui, traditionnellement, navigue entre centrisme et gaullisme, seule « exception » lors du second tour de la présidentielle 1988 où François Mitterrand a devancé Jacques Chirac. Dernier élément : ce récent sondage CSA où la gauche s’imposerait d’un point au second tour. D’ici là, chaque camp essaie de convaincre une partie des abstentionnistes : 58% dimanche dernier. Pour mesurer la température, direction Cronenbourg, un quartier populaire de Strasbourg. C’était jour de marché, place d’Haldenbourg, une place encerclée par les barres d’immeubles, un quartier où un bureau de vote a connu dimanche dernier, le plus fort taux d’abstention dans le département du Bas-Rhin. Près de 82% (interview). Perte de confiance envers la classe politique, manque d’intérêt pour le scrutin et bien le socialiste Jacques Bigot a dû l’affronter, tracts en main, sur ce marché (interview). Quel est l’état d’esprit à droite ? Philippe Richert répète qu’il est serein. Pourtant, dimanche, tous les regards seront concentrés sur la tête de liste du groupe « majorité alsacienne », en meeting ce soir à Strasbourg sous les yeux de François Fillon. Philippe Richert appelle à la mobilisation de son électorat traditionnel, en campagne plus qu’en ville. Il tend aussi la main aux électeurs écologistes (interview). Majorité alsacienne regroupe déjà 7 partis : UMP, Nouveau centre ou bien la gauche moderne de Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse. Un assemblage hétéroclite mal digéré par la base (interview). Cette ouverture pourrait coûter cher à la droite - ça s’est déjà senti dans le Haut-Rhin où l’alliance Europe Ecologie / PS a devancé la droite de 5 points. Au vu du premier tour, la réserve de voix semble plus grande à gauche selon le politologue Richard Kleinschmager (interview). _____Un reportage de Nour-Eddine Zidane en direct de France Bleu Alsace à Strasbourg.

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