La 12ème semaine pour l'emploi des personnes handicapées a commencé hier. En France, ces personnes souffrent toujours de discrimination à l'embauche. Le taux de chômage des handicapés atteint 17% (200.000 personnes). Le double de l'ensemble de la population. Depuis 2005, la loi oblige les entreprises à employer au moins 6% de handicapés, mais on est loin du compte : une entreprise sur 3 n'en emploie aucun, préférant payer une amende. La situation s'est tout de même améliorée ces dernières années. Le nombre de chômeurs handicapés a baissé de près de 20% depuis 2005. Et puis, toutes les associations s'accordent à le dire : elles sont désormais bien accueillies par les entreprises. Mais il faut encore combattre des idées reçues. Pour beaucoup d'employeurs, qui dit "handicap", dit "fauteuil roulant", "aveugle", "malentendant". Or, il existe bien sûr une multitude de handicaps, notamment le handicap psychique ou cognitif. On en parle peu : ce sont principalement des victimes de traumatisme crânien qui perdent une partie de leurs facultés. Leur intégration est souvent difficile, car dans ces cas-là, les adaptations ergonomiques ne suffisent pas. Alors comment faire ? Pour répondre à cette question, l'ADAPT, l'association pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées, a créé, il y a quelques années, des structures spécialisées, les ESAT hors-les-murs. A Corbeil-Essonnes, en région parisienne, il existe un centre de distribution du fabricant de jouets "Toys'R us", où travaille Johnny Ambary, 45 ans, victime d'un grave accident de moto en 2002 (interview). Depuis son accident, Johnny (qui était auparavant chauffeur routier) n'a plus la même vivacité. Il a des problèmes de mémoire, d'organisation, mais il a donc pu s'intégrer dans une entreprise. Son patron, Laurent Dubois, va d'ailleurs l'embaucher en CDI. Ce n'est pas la première fois qu'il emploie un salarié dit "Cotorep" (du nom de l'ancienne Commission chargée de l'attribution des prestations handicap) (interview). Et pour réussir l'intégration de ces personnes qui souffrent d'un handicap psychique (comme Johnny), il faut surtout travailler en amont, avec l'entreprise. Manuelle Masset est neuropsychologue à l'ADAPT (interview). Josyane Gire-Joubert s'occupe, elle, des relations avec les entreprises, des entreprises très réceptives quand on leur parle de handicap psychique (interview). L'ADAPT-Evry a déjà accueilli 60 personnes dans sa structure "hors-les-murs" depuis sa création en 2002. 25 ont trouvé un emploi. C'est l'une des nouvelles pistes à explorer pour combattre le chômage des personnes handicapées. C’était un reportage de Franck Mathevon.____ « Intégration professionnelle : comment travailler avec et malgré un handicap », ce sera le thème du « Téléphone Sonne » d’Alain Bédouet, ce soir à 19h20 sur France Inter. Vos questions au 01 45 24 7000 à partir de 17 heures ou toute la journée par Internet sur franceinter.com

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