L’affaire des emplois fictifs du RPR. Le dossier a valu l’été dernier à Jacques Chirac sa première audition par un magistrat depuis son départ de l’Elysée. Il a abouti en appel à la condamnation en 2004 d’Alain Juppé, à 14 mois de prison avec sursis et 1 an d’inéligibilité. A l’origine de toute cette affaire, un homme, qui s’exprime pour la première fois publiquement. Il s’appelle Jean-Paul Morat. En 92, il est comptable dans une entreprise du BTP à laquelle la Brigade Financière s’intéresse de très près. En mai 93, sa direction le met à la porte. Il décide alors de changer de vie, ouvre un restaurant en banlieue parisienne. Mais son passé le rattrape quand des « gros bras » viennent le menacer pour qu’il garde le silence (interview). « Fais ça ! » : c'est-à-dire, adresse-toi maintenant à la justice. Nous sommes en juillet 95. Jean-Paul Morat décide alors d’envoyer une lettre au juge Halphen, une lettre qui sera finalement versée au dossier d’un autre magistrat, Patrick Desmure, à Nanterre. C’est ce courrier qui déclenche l’affaire des emplois fictifs (interview). Comment cet homme justifie son attitude ? Selon lui, c’était un véritable chantage politique qui était exercé sur l’entreprise (interview). Pour Jean-Paul Morat, qui vient de témoigner sur le site d’édition en ligne, « édilivre », toutes ces pratiques, loin d’avoir disparu, se sont simplement sophistiquées. Il le résume d’une phrase (interview). « De l’analogique au numérique ». C’est également le constat implacable du journaliste Roger Lenglet, qui vient de publier une enquête de longue haleine, aux éditions Gawsewitch, sur les professionnels de la corruption (interview). Un dossier de Benoît Collombat.

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