Cette réforme, contestée, est entrée en vigueur à la rentrée de septembre. Sa mise en place est extrêmement différente selon les collèges

La contestée réforme du collège est entrée en vigueur à la rentrée de septembre
La contestée réforme du collège est entrée en vigueur à la rentrée de septembre © Maxppp / L'Est Républicain/NCY

La réforme du collège prévoit notamment de l'aide personnalisée, des enseignements pratiques interdisciplinaires (ou EPI), une deuxième langue vivante dès la cinquième.

Beaucoup de différences dans l'application de cette réforme

C'est parfois le jour et la nuit d'un collège à l'autre. Il y a par exemple des collèges où la réforme n'est tout simplement pas mise en place, comme l'expliquent ces professeurs: "Je n’applique pas la réforme, on a fait en sorte d’afficher une application de façade pour laisser les collègues s’organiser comme ils le veulent. Notre chef d’établissement voulait qu’on lui donne la liste des EPI même si on savait qu’on n’allait pas les faire puisqu’on ne peut pas nous les imposer".

Ce que les enseignants reprochent c'est le cadre rigide. Deux EPI par niveau de la 5e à la 3e à raison de 36 heures par an par EPI. Ils dénoncent aussi le côté fourre-tout de l'interdisciplinarité :
"Dans l’interdisciplinaire il peut y avoir des dérives et des choses qui n’ont pas forcement de sens pour les élèves. On doit se forcer à trouver des cas et ça ne marche pas".

Dans d'autres collèges, la réforme se met en place plus ou moins rapidement

Au collège Sonia Delaunay à Paris, par exemple, le principal Christian Garcia reconnaît qu'il y a des difficultés d'organisation. Certains EPI ont commencé, d'autres non. Mais il s'adapte et n'est pas arc-bouté sur les 36 heures par EPI.

Christian Garcia : "On a mis en place un cadre, nous l’avons géré de façon plus souple car des professeurs vont avoir besoin de plus ou moins de temps et qu’on ne le saura que lorsqu’on sera rentré dans la phase pratique".

La réforme se met en place plus facilement avec les enseignants qui avaient l'habitude de mener des projets. C’est le cas de François Külling. Ce professeur de mathématiques a proposé un EPI depuis la rentrée en informatique avec son collègue de technologie. Il observe déjà les progrès de ses élèves.

François Külling : "J’ai des élèves qui sont habituellement en difficulté en classe de mathématique avec un tableau noir et des activités classiques et qui performent derrière un ordinateur quand on leur donne un objectif plus ouvert et des taches plus difficiles qu’ils réalisent sans même se rendre compte de la difficulté à surmonter".

Au collège Delaunay, les enseignants bénéficient aussi d'une heure de concertation. C'est un choix du principal. L'un des professeurs de français, Laurent Villemonteix, également formateur académique, confirme les très grandes différences d'un établissement à l'autre.

Laurent Villemonteix : "La réforme est faire pour l’autonomie des établissements, tout dépend donc de la lecture du chef d’établissement et comment il a mis en place les choses"

Chaque établissement a aussi beaucoup de liberté concernant l'oral du brevet des collèges

Les élèves de 3e pourront choisir un thème parmi les EPI ou des enseignements particuliers. Pour certains professeurs, c'est beaucoup trop flou :

"On ne sait toujours pas comment ça va être évalué. On ne peut pas dire à un élève de 14 ans de préparer tout seul le premier oral de sa scolarité. Je suis incapable de dire à mes élèves comment leur oral va se passer et je ne sais pas à quoi les préparer".

On ne peut pas dire que la réforme s'applique partout, ni de la même manière. Vous le voyez, c'est à la carte !

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