Stéphan Turk
Stéphan Turk © ©PHOTOPQR/NICE MATIN / ©PHOTOPQR/NICE MATIN

Qui est Stéphan Turk? La semaine dernière, ce bijoutier niçois a tué un jeune homme qui venait de le braquer. Depuis, des milliers de personnes le soutiennent.

Le son de sa voix, on l'a entendu une fois à la sortie de sa garde à vue la semaine dernière. Stéphan Turk, 67 ans, d'origine libanaise, s'exprime difficilement en Français. Des poches sous les yeux, il explique sur France 2 qu'il regrette la mort du braqueur. "Mais c'est lui, dit il, qui a décidé de faire ça". Jeudi dernier, à l'ouverture du magasin, deux hommes cagoulés, armés d'un fusil à pompe lui demandent argent et bijoux., le frappent avant de s'enfuir en scooter. Il réplique de trois coups de feu.

Une première attaque en 2012

En 2012, le bijoutier a été victime d'une première attaque, un vol à la disqueuse dans la même bijouterie. "La Turquoise" est un modeste local de 20 m2 situé dans un quartier populaire du centre de Nice. C'est à ce moment là qu'il a changé selon Brahim , un ami restaurateur qui travaille à quelques pas de la boutique.

Stéphan Turk n'a pas toujours été bijoutier. En 1983, quant il fuit la guerre au Liban, il est préparateur en pharmacie. En France, il vit de petits boulots pendant dix ans puis se forme aux pierres précieuses. En 1995, il ouvre sa bijouterie, une clientèle modeste mais suffisante pour faire vivre sa famille de cinq enfants.

Stéphan Turk parle de "légitime défense". Pour le procureur de Nice, "le commerçant a agi volontairement pour donner la mort". Il est aujourd'hui mis en examen pour homicide Volontaire.

Un homme inséré qui a appris à manier les armes au Liban

Comment a t il visé si précisément ? Son fils explique qu'il a fait son service militaire au Liban. Quant au pistolet, c'est un semi-automatique. : un calibre 7.65, classique, selon la police et "donnée par une connaissance" selon le bijoutier.

Le casier du bijoutier est vierge, un "homme inséré", dit le procureur. Pour toutes ces raisons, il n'a pas été placé en détention provisoire mais en résidence surveillée, bracelet électronique à la cheville à quelques heures de Nice. Il sort parfois quelques minutes, le temps d'aller chercher son pain. Ni figure du quartier, ni homme puissant donc, il a rassemblé 1,6 millions de soutiens sur Facebook et un millier de personnes ont manifesté dans les rues de Nice lundi. Commerçants, politiques, militants d'extrême droite. "Le cas Turk" est un symbole, la goutte d'eau mais la mobilisation le dépasse" selon Bernard Chaix, le président de l'office du commerce et de l'artisanat niçois.

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