Ce week-end, des expériences de péages urbains ont été menées en Italie. Depuis ce matin, les autorités de Londres ont décidé d’étendre la zone de péage pour englober plus de quartiers de la capitale londonienne. Des systèmes de ce type existent déjà en Scandinavie, comme à Oslo et à Stockholm. Bref, les péages urbains ont la cote en Europe. Pas la peine de faire de grands discours, les centres des grandes villes européennes sont asphyxiés par les embouteillages et la pollution, en 2005. Par exemple le seuil d'alerte de pollution a été dépassé 125 fois à Milan, soit une fois tous les 3 jours. Milan, Turin, Padoue, Bologne, toutes les grandes villes industrielles du Nord Italien ont organisé conjointement hier une journée sans voiture. Une première. Laetizia Moretti, maire de Milan, souhaite instaurer un péage urbain. Il lui faut convaincre encore les élus de la Province. En attendant, les interdictions expérimentales se multiplient. L’accès du centre ville milanais est par exemple interdit aux véhicules les plus polluants jusqu’au 2 mars. La puissante association écologiste italienne Legambiente est favorable à ce projet municipal. Stefano Chafani, son responsable scientifique, est au micro de notre correspondant en Italie, Eric Valmir. Ces péages urbains sont-ils vraiment efficaces ? Ont-ils vraiment fait baisser le trafic automobile ? Oui, dans une large mesure, comme à Stockholm ou à Londres où, dans ces deux villes, la circulation a diminué de près de 20 %. A Londres, un système de péage urbain appelé « congestion charge » a été mis en place depuis février 2003. Circuler dans le centre de la capitale britannique coûte 12 euros par jour ! Le résultat ne s’est pas fait attendre : moins de circulation et plus d’autobus qui roulent. Du coup, le maire de Londres a décidé d’étendre le système à l’ouest et une deuxième zone de péage entre en vigueur ce matin. Une extension qui risque cependant d’être moins bien appréciée, comme l’explique au micro de Jacques Monin, notre correspondant à Londres, Tony Travers, universitaire spécialisé dans les questions de transport. Malgré leur impact sur le trafic automobile, les péages urbains ne font pas l’unanimité, même à Stockholm. Et pourtant, les Suédois sont réputés pour leur fibre écologique. Et bien là-bas, l’idée d’instaurer des péages urbains a suscité d’intenses débats et polémiques. Il faut rappeler qu’à Stockholm, la ville mène une expérience de grande envergure depuis janvier 2006, mais qui a été brutalement interrompu l’été dernier à cause d’échéances électorales. Car derrière l’aspect purement technique de réduction du trafic automobile et de la pollution, il y a aussi des enjeux politiques et sociaux, comme l’explique Magnus Falkehed, correspondant à Paris d’Afton Bladet, le plus grand quotidien suédois. Un dossier signé Christian Chesnot.

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