Demain, le ministre de l'Education Nationale présentera sa réforme de l'école primaire. Objectif : lutter contre l'échec scolaire. Un échec qui rime souvent avec souffrance des élèves, même si des rééducateurs sont là pour répondre aux difficultés. Les rééducateurs travaillent dans l'ombre mais leur présence est essentielle dans les écoles. Ils sont 4500. Ce sont des enseignants spécialisés qui agissent dans le cadre des Rased, les Réseau d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté. La souffrance à l'école existe depuis que l'école existe mais elle a changé. Aujourd'hui, la pression à l'école est telle que l'on se focalise sur les résultats de l'élève avant de comprendre les raisons de ses échecs scolaires. Le système scolaire a tendance à ne prendre en compte que l'élève sans voir l'enfant et ses éventuelles fragilités. Les rééducateurs sont là pour rééquilibrer les choses. Jacqueline Grand est présidente de la FNAREN, la Fédération Nationale des Associations de Rééducateurs de l'Education Nationale (interview). Tout le rôle des rééducateurs c'est d'aider les élèves à extérioriser cette souffrance. Ils utilisent le jeu, le dessin ou tout simplement la parole. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la souffrance n'est pas que négative. C'est ce qu'explique le psychanalyste Alain Guy (interview). Difficile de repérer tous les élèves en situation de souffrance. Ce sont souvent les enseignants qui alertent les rééducateurs. Il y a les cas les plus évidents, et d'autres où c'est plus dissimulé. Maryse Métra, forme des rééducateurs à Lyon. Elle explique qu'il n'est pas toujours facile de détecter tous les cas (interview). Il faut dire aussi que la souffrance à l'école évolue. Tous les rééducateurs le disent. Il y a d'abord une plus grande précarité sociale des élèves, qui retentit sur leurs parcours scolaire. Et puis Jean Biarné, professeur en sciences de l'éducation, note un autre phénomène (interview). Paradoxalement, il semble qu'il y ait plus de souffrance à l'école aujourd'hui, mais elle est mieux repérée et sans doute aussi mieux prise en charge. Un reportage de Sonia Bourhan.

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