La mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral rendra son rapport mardi prochain. De nombreuses voix s'élèvent pour demander une loi d'interdiction. Hélène et Marie sont musulmanes : l'une porte le niqab, qui ne laisse paraître que ses yeux ; l'autre a préféré le retirer. Elles ont 22 et 32 ans. Deux jeunes femmes à la silhouette gracile aux trajectoires presque similaires. Parents divorcés, adolescence tourmentée et une quête de spiritualité qui conduit ces deux Françaises de souche à se convertir à l'Islam. Très vite, Hélène et Marie adoptent une pratique radicale. Rebaptisées Aya et Nejma, elles se marient et décident de porter le niqab (interview). Hélène, que l’on vient d’entendre, nous a donc accueillis dans son petit pavillon du Val d'Oise au nord de Paris. D'elle, nous ne voyons d'abord que les yeux. Puis, lors de l'interview, la jeune femme enlève son niqab et dévoile un visage très mince, souriant. Hélène porte le voile intégral depuis ses 17 ans (interview). Alors si Hélène parle de cheminement spirituel progressif, chez Marie, le port du niqab a été une vraie rupture. C'est après une agression sexuelle que la jolie brune décide de se dissimuler derrière un épais voile noire (interview). D'après Hélène, une interdiction du voile intégral serait contre productive. En 2004, elle avait déjà interrompu sa scolarité en classe de première, car elle ne pouvait plus porter de voile à l'école. Cette fois, elle menace carrément de ne plus sortir de chez elle (interview). « Une prison construite par la France », c'est une vision plutôt radicale, d'autant que le mari d'Hélène, arrivé en fin d'entretien, renchérit : si la loi est votée, ils déménageront en Angleterre. Alors voilà pour la position du couple, qui se décrit lui même comme salafiste. Mais même chez Marie, qui a abandonné le niqab il y a quelques années, qui a pris beaucoup de distance avec la religion, même pour elle, l'interdiction du voile intrégral ne sera pas une bonne solution (interview). ____ Un reportage de Géraldine Hallot .

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