Washington, ville conspuée par Donald Trump doit accueillir le nouveau Président ce vendredi. Sans grand enthousiasme, la ville, symbole de l'establishment, étant très démocrate.

Washington, symbole de l'establishment américain, s'apprête à accueillir Trump, son adversaire
Washington, symbole de l'establishment américain, s'apprête à accueillir Trump, son adversaire © Maxppp / Didier Saulnier

It is time to drain the swamp in Washington D.C.! (Il est temps de nettoyer le marécage à Washington!) - Donald Trump pendant sa campagne

Washington, cette ville de l’entre soi, de la bonne société bien élevée, cultivée. Ici, on est républicain ou démocrate, mais on a fait les mêmes écoles, on est allé dans les mêmes universités, c’est un petit monde dont Hillary Clinton est perçue comme l’incarnation parfaite.

Pour comprendre de quoi il s’agit, Claude Guibal nous emmène dans un sous-sol. Pas dans un égout mais à 'Off the record', le bar où nous attend le journaliste du New York Times Robert Draper.Pour lui, c’est le vrai symbole de ce Washington que Donald Trump veut secouer :

Tout le monde dans ce bar va à l’investiture ou commerce avec ceux qui seront à l’investiture. Et dans ce bar comme dans tout Washington, il y a de l’appréhension car nous ne savons pas quel genre de président Trump sera. (Robert Draper, journaliste du New York Times)

Lobbyistes, consultants, mais aussi grandes entreprises, journalistes, membres de la société civile, intellectuels, universitaires. A Washington, Donald Trump n’a récolté que 7% des suffrages le 8 novembre dernier.

John Hart a des sympathies républicaines, mais les outrances xénophobes et sexistes de Donald Trump le révulsent. Après le choc de l’élection, il a cherché à comprendre pourquoi les washingtoniens étaient à ce point détestés par les pro-Trump : "Les gens n’ont pas pris conscience des problèmes du pays. Les difficultés économiques, combinées au terrorisme, les changements démographiques et autres, le premier président noir, la majorité blanche qui devient une minorité, ces choses qui ont fait que certains ont pu se sentir inquiets".

Je pense qu’il y a ici des gens très compétents, mais leur erreur, c’est d’être devenu trop sûrs d'eux. Et au bout du compte beaucoup de gens se sont sentis en déconnection avec la façon dont les choses se passent ici (John Hart, entrepreneur).

John Gizzi est le correspondant à la Maison blanche de Newsmax, un média conservateur, un des rares à avoir voté pour Trump. Et dans les diners en ville, il ressent cette animosité :

Vous prononcez le nom de Trump devant certaines personnes, et ils se pincent le nez, ou font un commentaire désobligeant. Le fait qu’ils ne disent même pas 'le Président', ou 'le Président élu', mais seulement 'Trump !' c’est très significatif (John Gizzi, Newsmax)

Tous les républicains qui ont tourné le dos à Trump s'inquiètent. Car aujourdhui, ils ont besoin de lui pour ne pas être éjectés au profit des nouveaux venus qui l’accompagnent.

C'est incroyable le nombre de personnes qui veulent maintenant travailler avec lui, qui retournent leur veste. De vrais faux-cul. Mais à Washington on est habitués! (Kenneth Weinstein, politologue conservateur. Son think tank est très sollicité depuis l’élection de Donald Trump)

Entre colère, mépris et bal des faux-culs : c’est l’ambiance, dans cette ville à la veille de cette passation de pouvoir. Certains cauchemardent, et d’autres essaient de tirer leur épingle du jeu. Bienvenue dans cet 'House of Cards' grandeur nature, qui n’a plus rien d’une série télé.

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