Depuis lundi nous nous intéressons aux pouvoirs des algorithmes dans notre quotidien et ce matin à leur influence sur les réseaux sociaux pointés du doigt après l'élection de Trump

Les réseaux sociaux ont été particulièrement pointés du doigt après l'élection de Donald Trump
Les réseaux sociaux ont été particulièrement pointés du doigt après l'élection de Donald Trump © AFP / DPA / Soeren Stache

Les réseaux sociaux ont été particulièrement pointés du doigt après l'élection de Donald Trump. Accusés notamment d'enfermer leurs utilisateurs dans leurs propres convictions.

Facebook a été le plus dénoncé. Le réseau social aux deux milliards d'utilisateurs, passé en 10 ans d'un annuaire d'étudiant à un moyen d'information. Principal moyen d'information même, pour un utilisateur sur 10 selon une étude de l'université d'Oxford.

Depuis quelques années, le réseau social a mis en place des algorithmes afin, selon le réseau social, de trier les informations parmi toutes les publications de ses amis afin que l'utilisateur ne voit en priorité que les plus pertinentes explique Anton Batesti, il est responsable des affaires public chez Facebook France : "L’algorithme a besoin de quelques critères objectifs pour pouvoir vous présenter le contenu le plus pertinent pour vous, par exemple la personne qui a publié un contenu est un critère objectif. Est-ce que c’est une personne avec laquelle vous avez des relations régulières ou pas du tout ? Après il y a aussi le type de contenu publié : du texte ou une photo ? Si c’est une photo, c’est peut-être plus susceptible de vous intéresser que du texte".

Après il y a aussi l’engagement sur cette publication, si vos amis ont aimé et commenté cette publication on peut en déduire que c’est susceptible de vous intéresser.

"Dans l’univers de Facebook un des critères objectifs qui permet de voir si vous interagissez régulièrement avec cette personne c’est les like et les commentaires".

Mais le fait de voir apparaître dans son fil d'actualité majoritairement les messages des amis dont on a liké les photos ou les articles partagés et donc de ne voir apparaître que des publications de personnes qui ont les mêmes goûts, les mêmes opinions, voir les mêmes préjugés que soi, ne provoque-t-il pas un effet d'enfermement ?

C'est la théorie, que développe depuis 2011, l'activiste américain Eli Pariser : "Je suis progressiste politiquement, mais je me suis toujours arrangé pour rencontrer des conservateurs. J'aime écouter ce qu'ils pensent, apprendre des choses sur eux. Du coup j'étais surpris quand un jour j'ai remarqué que les conservateurs avaient disparu de mon fil Facebook.

En fait, Facebook regardait sur quel lien je cliquais. Et il s'apercevait que je cliquais plus souvent sur les liens de mes amis libéraux que mes amis conservateurs. Et sans m'avoir consulté, ils les avaient éliminés.

Facebook n'est pas le seul mis en cause

Dans cette conférence, l'activiste s'attaque aussi aux algorithmes des moteurs de recherche comme Google, des sites d'informations ou de vidéo en ligne comme Netflix, pour lui, ils nous enferment dans des bulles de filtrage. À l'inverse de la promesse d'ouverture sur le monde et sur les autres que devait offrir Internet.

La responsabilité est partagée, estime Dominique Cardon. Car pour le sociologue, le premier algorithme c'est nous : "Il faut vraiment comprendre que les algorithmes calculent pour les utilisateurs en prenant comme information les traces de leurs activités passées, mais on commente toujours les mêmes, on like toujours les mêmes, on s'amuse toujours avec les mêmes, et donc on produit des trace qui sont assez monotones, et l’algorithme vient renforcer cette monotonie et crée du coup un sentiment d'enfermement dont il renvoie la responsabilité sur l'internaute puisqu’il ne s'est pas montré curieux. Et une partie des débats là-dessus c’est que nous nous voyons comme des individus ouverts, curieux, attentifs à la diversité , cosmopolites et la réalité c'est que ce n’est pas le cas, on a des attachement des préférences et des choix et les réseaux sociaux sont venus dire aux individus : affirmez votre subjectivité."

Suite aux critiques après l'élection de Donald Trump, Facebook a annoncé travailler sur un système pour diversifier les points de vue des publications. Hubert Guillaud est membre du Think Tank la FING :

Tout l'enjeu c’est de dire : est-ce qu'ils peuvent proposer en même temps qu'une information, un contre point de vue. Ça peut être intéressant mais les gens vont-ils aller les voir et cliquer dessus ? C’est beaucoup moins assuré.

Comme le répète Dominique Cardon : "on ne demande pas aux lecteurs du Figaro de lire l'Humanité".

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