Faire voir, faire vivre, faire comprendre les arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. Ce sont les objectifs du musée du quai Branly à Paris qui sera inauguré demain par Jacques Chirac. Il est l'initiateur de ce projet. C'est un amateur des arts premiers. Il voulait leur donner juste place dans un grand musée français. Il se trouve juste à côté de la Tour Eiffel. Un batiment de 220 mètres de long posé sur pilotis, et conçu par l'architecte Jean Nouvel. Christine Siméone a visité ce musée qui réunit les collections du musée de l'homme et celles du musées des arts d'Afrique et d'Océanie. C'est donc de l'ethnologie mêlée aux objets d'arts. Au départ, on devait l'appeler musée des arts premiers et puis finalment on a changé, ce sera le musée du quai Branly. Pourquoi ce changement ? Sans doute en raison de son relent de colonialisme mêlé à des débats de spécialistes sur la question de l'art et sur le concept de premier et de primitif. Petite visite, pour voir de plus près ce que l'on a mis dans ce musée. Ce musée ne se résume pas à des productions des sociétés primitives. La preuve avec Gaëlle Beaujan -Baltzer, qui nous guide dans l'une des salles consacrées à l'Afrique (interview). Quel sens cela a un musée où l'on expose à l'heure du téléphone portable des objets usuels et actuels berbères à coté d'un butin de guerre d'un général français pris au royaume du Dahomey en 1893 ? La volonté politique de Jacques Chirac était de mettre toutes cultures à égalité. Pourquoi les sumériens et les celtes ne figurent pas dans cette grande maison des cultures du monde et de tous les temps ? Maais est-ce le musée des peuples sans écriture, celui des peuples en voie de disparition, celui des pauvres, le musée des gens d'ailleurs vus de Paris, le musée du monde non industrialisé ou que sais je encore ? La réponse de Germain Viatte, conseiller pour la muséographie (interview). Se retrouve dans ce musée, tout ce qui a été rapporté par les naturalistes, les premiers explorateurs, ce qui a été acheté, pillé, échangé lors de la période coloniale, les collectes des ethnologues, puis des archéologues et des anthropologues et enfin les trésors des collectionneurs, car tous ces objets valent aujourd'hui des fortunes depuis qu'ils sont à la mode sur le marché de l'art. Et certains rivalisent avec les tableaux impressionnistes. Anne-Christine Taylor regarde cela d'un oeil circonspect. Elle est chargée de la recherche et de l'enseignement au musée. Elle répond à Sophie Bécherel (interview). On n'est pas à l'abri de demande de restitution. Et la tendance muséale aujourd'hui c'est d'associer les personnes (peuples, état, communauté) concernées par ce qui est exposé. La France n'en est pas encore là. Un dossier de Christine Siméone.

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