Grandes foires et expositions se succèdent au mois de juin. La Biennale de Venise, la Documenta de Kassel en Allemagne, la foire de Bâle en Suisse. Le marché de l’art est en ébullition. En 2006, il a battu tous les records. Aussi bien l'art déco, que l'art contemporain ou encore l'art 19ème. Toutes ces périodes ont flambé sur le marché international. 2006 a pour la première fois battu le record de la précédente bulle en 1989. Pourquoi une telle explosion, une telle folie dans les prix ? Fabrice Bousteau est rédacteur en chef de « Beaux-Art Magazine » (interview). En 2006, le chiffre d'affaire du marché de l'art - toutes ventes confondues, aux enchères, privées, de gré à gré - se situerait entre 30 et 40 milliards de dollars (il est difficile à évaluer). C'est plus que le Produit Intérieur Brut du Luxembourg. Les seules ventes aux enchères ont atteint près de 11 milliards de dollars. C'est 33% de plus qu'en 2005, car les oeuvres se sont vendues beaucoup plus chères. Alors comment est fixé le prix d'une oeuvre d'art ? François Curiel est directeur de la maison de vente Christie's en Europe (interview). On a parfois l'impression que les prix s'envolent en fonction des aléas climatiques et non de la valeur même de l'œuvre d'art ! Plus que la qualité artistique de l'oeuvre, c'est son potentiel de plus-values (en quelque sorte) qui attire les collectionneurs-spéculateurs car aujourd'hui la frontière est ténue entre véritable amateur d'art et pur spéculateur. Cette dérive est dénoncée par plusieurs experts comme Patrick Barrer, auteur du "double jeu du marché de l'art contemporain" (il ne cible pas les autres périodes). Fondateur de la foire internationale d'art de Genève - une foire en rupture avec le marché de l'art - Patrick Barrer estime que ce marché est aujourd'hui uniquement tourné vers l'argent (interview). On en vient donc au poids de la fiscalité. Et vendre en France est moins avantageux que vendre à New York ou Londres : les oeuvres y sont taxées à près de 15%, 10 en Angleterre et moins de 9 aux Etats-Unis. C'est sans doute l'une des raisons du recul de la place parisienne - 1ére du monde aprés-guerre, 3éme voire 4éme aujourd'hui - mais pas la seule selon l'économiste, Philippe Chalmin (interview). Un dernier chiffre, Nicolas, même si le marché de l'art atteint des sommets, en 2006 Paris a perdu 6% de part de marché. Ses ventes aux enchères ne représentent que 17% des ventes dans le monde ! Un dossier de Bruce de Galzain.

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