Un reportage signé Emmanuel Leclère, en direct de Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d'Ivoire A 48 heures de l’investiture du nouveau président Ouattara, une vingtaine de chefs d’états sont attendus, dont Nicolas Sarkozy. On commence à peine à connaître le bilan humain de cette guerre qui ne s’est pas achevée le 11 avril avec la chute de Laurent Gbagbo, mais il y a tout juste 10 jours, avec ce qui s’est passé loin des observateurs internationaux, comme à Yopougon, commune abidjanaise de plus d’un million d’habitants, excentrée, où tout a démarré à la chute de Gbagbo. Les enquêteurs de l’ONU ont déjà confirmé l’existence de 10 fosses communes, des charniers avec 68 corps au total. Un stade transformé en cimetière, après des opérations des milices de Gbagbo. Et maintenant, ce sont des tombes sommaires que l’on retrouve un peu partout comme dans ce hameau, où nous nous sommes rendus. Il y avait, avant la guerre, une centaine de petites maisons en tôle ondulée. Tout a été rasé, brûlé. Les habitants, des Dioulas, des Ivoiriens originaires du nord du pays, du Burkina Faso ou du Mali, sont en partie revenus et logent dans un vieux hangar. Témoignages d'habitants de Yopougon Lorsque les forces pro-Ouattara sont intervenues à leur tour, à Yoppugon, d’autres parties de la population ont fuit, mais selon les premiers éléments de la mission d’enquête, cela n’aurait pas donné lieu à des exécutions systématiques de civils. - La mission de l’ONU va confirmer, aujourd’hui, ses soupçons de crime de guerre et de crime contre l’Humanité, commis par des éléments des forces républicaines d’Alassane Ouattara à Douékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Alors que les ex-rebelles du nord descendaient vers Abidjan début avril, ils font sauter le verrou de l’ouest à Duékoué en 24 heures. Victoire décisive, mais très vite, une petite ONG évoque un massacre de plus de 800 civils par les soldats venus du nord ; chiffre repris par la Croix Rouge et qui fera le tour du monde. Ce chiffre était faux et la Croix Rouge, qui n’a pas donné suite à notre demande d’interview, évoque désormais un problème de coordination. Mais le massacre, lui, est bien réel. L’ONU va publier, après l’investiture d’Alassane Ouattara, un rapport définitif qui revoit à la hausse ses propres estimations de plus de 200 morts. Des hommes non armés, mis en rang et exécutés devant leurs femmes et leurs enfants. On a retrouvé, par exemple, sur un tabouret, un tas de cartes d’identité, toutes du Burkina Faso. Guillaume N'Guefa est le chef de la division droit de l’Homme de l’ONUCI. Interview de Guillaume N'Guefa L’homme qui dirigeait les opérations à Douékoué, le commandant Loss, est un héros de guerre pour beaucoup d’Ivoiriens. Il se trouve toujours à Man, près de la frontière avec le Libéria. Alassane Ouattara s’est engagé à ce que la justice ivoirienne fasse son travail, mais quand ? Venance Konan, qui a passé trois mois en exil à Paris, est désormais le directeur du quotidien public Fraternité matin . Interview de Venance Konan

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